Les États-Unis ont présenté jeudi un vaste projet de reconstruction baptisé « Nouvelle Gaza », prévoyant tours résidentielles, centres de données, parcs industriels et complexes touristiques, dans le cadre des efforts du président américain Donald Trump pour consolider un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas. Cette annonce est intervenue alors que de nouvelles violences ont été signalées dans la bande de Gaza, avec la mort de cinq Palestiniens lors de tirs israéliens, selon les autorités sanitaires locales.
Le plan a été exposé à Davos par Jared Kushner, gendre de Donald Trump, lors d’une cérémonie liée au lancement du Conseil de la paix voulu par le président américain. Kushner a présenté un « plan directeur » illustrant une reconstruction complète de l’enclave, aujourd’hui largement détruite après deux années de guerre et le déplacement interne de la quasi-totalité de ses quelque deux millions d’habitants.
Les images diffusées montrent une côte méditerranéenne transformée, avec des zones résidentielles modernes, des centres de données et des parcs industriels, dans un paysage rappelant Dubaï ou Singapour. La reconstruction débuterait par le sud de la bande de Gaza, notamment autour de Rafah, une zone actuellement sous contrôle militaire israélien. Le projet n’aborde toutefois pas des questions centrales telles que les droits de propriété, l’indemnisation des Palestiniens ayant perdu leurs biens, ni les solutions de relogement durant les travaux.
Aucune précision n’a été donnée sur le financement de cette reconstruction, qui nécessiterait au préalable l’évacuation de quelque 68 millions de tonnes de gravats. Jared Kushner a indiqué qu’une conférence se tiendrait prochainement à Washington pour annoncer des contributions, principalement issues du secteur privé. Selon des informations précédemment publiées par la presse américaine, Washington pourrait financer environ 20 % du projet, sans confirmation officielle.
Sur le plan politique, cette présentation est intervenue après l’annonce par un responsable palestinien soutenu par les États-Unis de la réouverture prochaine du point de passage de Rafah, principal accès entre Gaza et l’Égypte. Israël, qui contrôle le côté gazaoui du passage, conditionne toutefois cette réouverture au respect intégral du cessez-le-feu par le Hamas, notamment à la restitution de la dépouille d’un otage décédé.
Sur le terrain, la trêve reste précaire. Les autorités sanitaires de Gaza ont fait état jeudi de quatre morts dans le quartier de Zeitoun, à l’est de la ville de Gaza, lors de tirs de chars israéliens, et d’un cinquième mort à Khan Younès, dans le sud. L’armée israélienne n’a pas immédiatement commenté ces informations, alors que les échanges de accusations se poursuivent entre Israël et le Hamas sur de supposées violations de la trêve.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre, plus de 480 Palestiniens ont été tués selon les autorités sanitaires de Gaza, tandis que trois soldats israéliens ont péri dans des attaques de militants. Le conflit a été déclenché par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui avait fait 1 200 morts côté israélien. Les autorités sanitaires palestiniennes estiment à environ 71 000 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l’offensive israélienne.