Violences à Tirana - l’Albanie secouée par des manifestations contre des soupçons de corruption au sommet de l’État (AP)
Violences à Tirana - l’Albanie secouée par des manifestations contre des soupçons de corruption au sommet de l’État (AP)

De violents affrontements ont éclaté mardi soir à Tirana entre des manifestants antigouvernementaux et les forces de l’ordre, alors que des milliers de personnes se rassemblaient pour exiger la démission de la vice-Première ministre, visée par une enquête pour corruption. Les tensions ont ravivé l’instabilité politique dans un pays dirigé depuis plus d’une décennie par le Premier ministre Edi Rama.

Selon des images et témoignages rapportés par Reuters, des manifestants ont lancé des cocktails Molotov en direction d’un bâtiment gouvernemental situé à proximité du bureau du Premier ministre. La police a répliqué en déployant des canons à eau et des unités antiémeutes pour disperser la foule, transformant le centre de la capitale en théâtre d’affrontements pendant plusieurs heures.

La mobilisation a été déclenchée par l’ouverture d’une enquête visant la vice-Première ministre Belinda Balluku, soupçonnée d’irrégularités liées à des projets publics. L’intéressée a rejeté toute accusation, tandis que le gouvernement a dénoncé une tentative de déstabilisation politique.

Les manifestations de mardi s’inscrivent dans une série de protestations récurrentes contre la corruption et la gouvernance en Albanie, pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne. Les opposants accusent l’exécutif de saper l’État de droit et réclament des comptes sur l’utilisation des fonds publics.

Le gouvernement affirme respecter l’indépendance de la justice et appelle au calme, tout en mettant en garde contre les violences et les destructions. Les autorités ont indiqué que plusieurs personnes avaient été interpellées, sans préciser le nombre de blessés.

Ces événements constituent l’un des épisodes les plus violents de contestation depuis plusieurs années et pourraient peser sur la stabilité politique du pays, alors que Tirana cherche à convaincre ses partenaires européens de ses progrès en matière de réformes et de lutte contre la corruption.

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