Plusieurs membres de la famille d’Erik et Lyle Menendez ont témoigné mardi à Los Angeles en faveur d’une libération des deux frères, condamnés à la prison à vie en 1996 pour le meurtre de leurs parents. Au cours de cette audience de réexamen de leur peine, qui pourrait durer deux jours, leurs cousins ont affirmé qu’ils étaient prêts à les accueillir chez eux si un juge décidait de réduire leur peine après près de trois décennies d’incarcération.
Les frères Menendez, aujourd’hui âgés de 53 et 56 ans, ont été condamnés pour avoir tué leurs parents, Jose et Kitty Menendez, en 1989, dans leur maison de Beverly Hills. Âgés de 18 et 21 ans au moment des faits, ils ont été condamnés sans possibilité de libération conditionnelle. La défense avait alors plaidé des années de sévices sexuels infligés par leur père, tandis que l’accusation soutenait qu’ils avaient agi pour hériter d’une fortune familiale.
Lors de l’audience, plusieurs cousins ont livré un plaidoyer émotionnel. Ana Maria Baralt a affirmé que les frères avaient exprimé de nombreux remords et qu’ils étaient « universellement pardonnés » par la famille. Tamara Goodell, une autre cousine, a raconté avoir récemment emmené son fils de 13 ans les rencontrer en prison. Elle a évoqué leur implication dans des projets de réhabilitation, notamment le « Green Space Project » lancé par Lyle pour embellir l’environnement carcéral. Diane Hernandez, enfin, a relaté les abus dont elle aurait été témoin dans la maison familiale, confirmant un climat de peur marqué par ce qu’elle appelait la « règle du couloir », destinée à dissimuler les agressions.
Le juge devra désormais déterminer si les frères peuvent bénéficier d’un réaménagement de peine à « 50 ans à perpétuité », ce qui les rendrait éligibles à une libération anticipée en vertu de la loi californienne sur les jeunes délinquants. Leur avocat, Mark Geragos, a demandé une requalification des faits en homicide involontaire, ce qui permettrait une libération immédiate pour peine déjà purgée.
Mais l’actuel procureur du comté de Los Angeles, Nathan Hochman, s’oppose fermement à toute réduction de peine. Il rejette les allégations d’abus sexuels et estime que les frères n’ont jamais pleinement reconnu leurs actes. Il a aussi souligné un récent rapport d’un psychologue judiciaire indiquant que les deux hommes seraient « modérément plus susceptibles » que d’autres de recourir à la violence en liberté. Le procureur a aussi cité des violations récentes du règlement pénitentiaire, notamment la possession illégale de téléphones.
L’ancien procureur George Gascón, à l’origine de la requête en réexamen, estimait pour sa part que l’affaire aurait été jugée différemment aujourd’hui à la lumière des connaissances actuelles sur les traumatismes et les abus. Il soulignait également la réhabilitation exemplaire des deux frères depuis leur incarcération, appuyée par leur engagement éducatif et social en prison.
La décision du juge, qui pourrait être rendue à l’issue de l’audience ou dans un avis écrit ultérieur, est désormais attendue avec une grande attention, dans un dossier judiciaire qui continue, 35 ans après les faits, de diviser l’opinion américaine.