WASHINGTON, 23 juillet — Kilmar Abrego, un migrant salvadorien expulsé à tort des États-Unis malgré son droit légal au séjour, a été libéré sous caution mercredi, tandis qu’un juge fédéral a suspendu temporairement toute nouvelle tentative d’expulsion par l’administration Trump. Cette affaire met en lumière les dérives potentielles des politiques migratoires agressives menées par le gouvernement américain.
Âgé de 29 ans, Abrego vivait légalement dans le Maryland avec un permis de travail. En mars, il avait été expulsé vers le Salvador, en dépit d’une décision judiciaire de 2019 interdisant son renvoi dans ce pays, au motif qu’il y risquait des persécutions de la part de gangs criminels. De retour aux États-Unis sous la contrainte d’une procédure pénale lancée par le gouvernement Trump, il a été accusé de trafic d’êtres humains, des faits qu’il nie.
Le juge fédéral Waverly Crenshaw, siégeant à Nashville, a estimé mercredi que les procureurs n’avaient pas démontré qu’Abrego constituait une menace pour la sécurité publique ni qu’il représentait un risque de fuite, et a ainsi confirmé sa remise en liberté sous caution. Dans une autre décision rendue le même jour dans le Maryland, la juge Paula Xinis, chargée d’un recours civil déposé par Abrego, a suspendu pour 72 heures toute tentative d’expulsion, afin de permettre à ses avocats de contester juridiquement cette mesure.
L’administration Trump, qui prévoit une vaste campagne d’expulsions à l’encontre de plusieurs millions de migrants sans papiers, avait indiqué qu’Abrego serait placé en détention pour immigrés dès sa libération du système pénal, avec un possible renvoi dans un pays tiers autre que le Salvador. Les avocats d’Abrego dénoncent un acharnement illégal et une violation flagrante de ses droits fondamentaux.
Ni le ministère de la Justice ni le département de la Sécurité intérieure n’ont réagi immédiatement à la décision des juges. L’affaire suscite une attention croissante au sein de la société civile et chez les défenseurs des droits des migrants, qui y voient un exemple emblématique des effets délétères d’une politique d’expulsion massive menée sans discernement.