Un journaliste d’Al Jazeera tué à Gaza : Israël affirme qu’il était chef du Hamas, la chaîne dénonce un assassinat
Un journaliste d’Al Jazeera tué à Gaza : Israël affirme qu’il était chef du Hamas, la chaîne dénonce un assassinat

L’armée israélienne a déclaré dimanche avoir tué à Gaza un chef de cellule du Hamas qui se faisait passer pour un journaliste de la chaîne Al Jazeera. L’intéressé, identifié comme Anas Al Sharif, était l’une des figures médiatiques les plus connues de l’enclave palestinienne. Selon Israël, il était impliqué dans des opérations militaires et dans le lancement de roquettes vers le territoire israélien.

Peu avant sa mort, Anas Al Sharif avait publié sur le réseau social X un message relatant les bombardements en cours. Al Jazeera a confirmé son décès ainsi que celui de Mohammed Qreiqeh et de trois photojournalistes, tués dans la même frappe. La chaîne qatarie a salué la mémoire de l’un de ses reporters « les plus courageux », dénonçant un acte visant à « faire taire la vérité » sur le terrain.

Des images prises après la frappe montrent des Palestiniens inspectant les décombres du site touché dans la ville de Gaza. Les autorités israéliennes assurent que l’opération visait un haut responsable du Hamas « impliqué directement dans la planification et l’exécution d’attaques contre Israël », et affirment que son identité de journaliste n’était qu’une couverture.

Des organisations de défense des droits humains contestent cette version et accusent Israël de cibler délibérément des journalistes. Elles rappellent que la protection des reporters dans les zones de conflit est garantie par le droit international humanitaire, même lorsque des soupçons existent sur leurs activités.

Al Jazeera a exigé une enquête internationale indépendante sur la frappe, affirmant qu’il s’agit d’un « crime de guerre ». Depuis le début de la guerre, la chaîne affirme avoir perdu plusieurs membres de son personnel dans la bande de Gaza, ce qui renforce les tensions entre Israël et le Qatar, pays qui finance le média et héberge des dirigeants du Hamas.

Ce nouvel épisode intervient alors que les combats se poursuivent dans l’enclave, Israël affirmant vouloir reprendre le contrôle des derniers bastions du Hamas. Les appels internationaux à protéger les civils et les travailleurs humanitaires, y compris les journalistes, restent pour l’heure lettre morte.

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