Un haut responsable de l’administration Trump défend la publication partielle des dossiers Epstein face aux accusations des démocrates
Un haut responsable de l’administration Trump défend la publication partielle des dossiers Epstein face aux accusations des démocrates

Un haut responsable de l’administration du président américain Donald Trump a défendu dimanche la décision du ministère de la Justice de ne publier qu’une partie des dossiers liés à Jeffrey Epstein, malgré l’échéance imposée par le Congrès, affirmant que cette prudence était nécessaire pour protéger les victimes d’abus sexuels.

Le vice-ministre de la Justice, Todd Blanche, a assuré que l’administration finirait par respecter pleinement les obligations prévues par la loi, tout en soulignant que la publication de milliers de documents sensibles devait se faire avec précaution. Selon lui, nombre de ces archives contiennent des informations susceptibles d’identifier ou de nuire aux survivantes des crimes commis par l’ancien financier.

La publication partielle intervenue vendredi a immédiatement suscité une vive réaction de la part des élus démocrates, qui accusent l’administration républicaine de chercher à dissimuler des informations compromettantes. Todd Blanche a rejeté ces critiques, les qualifiant de « malhonnêtes », et estimant que ses détracteurs réclament davantage de transparence tout en ignorant la nécessité de protéger les victimes.

S’exprimant sur la chaîne NBC, Todd Blanche a expliqué que le processus de révision se poursuivait précisément pour éviter toute exposition inutile des survivantes. Il a rappelé que certains documents attendus, notamment des mémos internes du ministère de la Justice ou des entretiens du FBI avec des victimes, n’avaient pas encore été rendus publics en raison de leur caractère particulièrement sensible.

Les démocrates, eux, dénoncent une tentative de couverture politique. Le représentant Jamie Raskin a estimé que le ministère de la Justice faisait obstruction à l’application de la loi non pas pour protéger les victimes, mais pour éviter la publication d’éléments susceptibles de nuire à Donald Trump ou à son entourage. Plusieurs élus pointent également le retrait temporaire de certains fichiers du site du ministère, dont une photographie montrant Donald Trump aux côtés d’Epstein, de Melania Trump et de Ghislaine Maxwell.

Todd Blanche a affirmé que ces documents avaient été retirés uniquement parce qu’ils contenaient aussi des images ou informations concernant des victimes, et qu’ils seraient remis en ligne après caviardage. Il a insisté sur le fait que la présence de Donald Trump dans certaines photos n’avait « rien d’exceptionnel », rappelant que de nombreuses images similaires étaient déjà publiques.

Par ailleurs, le vice-ministre a indiqué que l’examen en cours des archives avait permis d’identifier de nouveaux noms de victimes potentielles, renforçant selon lui la nécessité d’un travail de vérification approfondi. Il a également défendu le transfert récent de Ghislaine Maxwell vers une prison fédérale moins restrictive, invoquant des menaces graves contre sa sécurité.

Au Congrès, certains élus, démocrates comme républicains, évoquent désormais la possibilité de procédures visant la procureure générale Pam Bondi pour non-respect présumé de la loi sur la transparence des dossiers Epstein. Todd Blanche a balayé ces menaces, affirmant que le ministère de la Justice agissait « strictement dans le cadre légal ».

La controverse illustre les tensions persistantes autour de l’héritage judiciaire de l’affaire Epstein, dont la mort en détention en 2019 continue d’alimenter les soupçons et les demandes de transparence, tant au sein de l’opposition que dans une partie de la base électorale de Donald Trump.

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