Tunisie – des milliers de manifestants dénoncent l’érosion des libertés syndicales et civiles
Tunisie – des milliers de manifestants dénoncent l’érosion des libertés syndicales et civiles

Des milliers de membres et de partisans de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le plus puissant syndicat du pays, ont manifesté jeudi dans la capitale pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une régression des droits syndicaux et des libertés civiques.

Cette mobilisation, l’une des plus importantes manifestations politiques récentes en Tunisie, intervient dans un climat de confrontation croissante entre l’UGTT et le président Kais Saied. Le mois dernier, une grève du syndicat sur les salaires et les conditions de travail avait paralysé les transports publics à l’échelle nationale, accentuant la pression sur le chef de l’État, déjà confronté à une crise économique sévère.

En réaction, plusieurs centaines de partisans de Saied avaient organisé un rassemblement devant le siège du syndicat, appelant à sa suspension. Jeudi, les protestataires sont partis de ce même siège, avant de défiler sur l’avenue Habib Bourguiba, haut lieu des manifestations qui avaient conduit à la chute de Zine El-Abidine Ben Ali en 2011 et déclenché les soulèvements du Printemps arabe.

Les manifestants ont scandé des slogans tels que « Le droit à la lutte est un devoir », dénonçant la pauvreté croissante et l’aggravation de la faim, tout en réclamant la défense des droits des travailleurs. Dans un discours prononcé devant la foule, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, a fustigé les « menaces et campagnes de dénigrement » visant le syndicat et a exigé la libération des prisonniers politiques ainsi que des procès équitables.

« Le syndicat ne déviera pas de la voie de la lutte et continuera à assumer son rôle social et national pour garantir les droits des travailleurs », a-t-il affirmé.

Les autorités n’ont pas immédiatement réagi à cette démonstration de force. Depuis 2021, Kais Saied concentre les pleins pouvoirs après avoir suspendu le parlement élu, gouverné par décrets et écarté des dizaines de juges, une décision que l’opposition qualifie de coup d’État.

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