Trump remet en cause les protections des personnes transgenres dans le logement social
Trump remet en cause les protections des personnes transgenres dans le logement social

L’administration Trump a entamé un profond recul des protections fédérales en matière de logement pour les personnes transgenres, en ciblant notamment la règle d’accès égal établie sous Barack Obama et les enquêtes sur les discriminations au sein des refuges pour sans-abris.

Depuis sa réinstallation à la Maison Blanche, le président Trump a ordonné au Département du Logement et du Développement urbain (HUD) de cesser d’appliquer certaines protections élargies de l’ère Obama, notamment celles qui garantissaient aux personnes LGBTQ+ un accès équitable aux abris financés par l’État fédéral. Selon des avocats internes à HUD, des instructions ont été données pour suspendre les enquêtes sur les discriminations fondées sur l’identité de genre, et certaines plaintes ont été classées sans suite pour « absence de compétence ».

« Cette administration veut faire comme si les personnes trans n’existaient pas », dénonce Hannah Adams, avocate au National Housing Law Project. Elle fustige un virage idéologique en contradiction avec la mission de HUD, censée assurer un filet de sécurité aux familles vulnérables.

HUD affirme de son côté respecter la loi historique sur le logement équitable, tout en mettant en œuvre ce qu’il appelle l’ordre exécutif de Trump visant à « restaurer la vérité biologique dans l’administration fédérale ». Une rhétorique qui divise. Alors que la loi sur le logement interdit la discrimination fondée sur le sexe, les protections explicites pour l’orientation sexuelle et l’identité de genre n’ont été introduites qu’à partir de 2012, puis étendues aux refuges d’urgence en 2016. Leur suppression remet en question l’interprétation élargie de la loi adoptée depuis un arrêt de la Cour suprême en 2020 qui protège les employés LGBTQ+ contre la discrimination.

Dans les faits, plusieurs structures d’aide aux sans-abris se retrouvent face à des exigences contractuelles contradictoires : d’un côté, il leur est interdit de « promouvoir l’idéologie du genre » ; de l’autre, elles doivent respecter les lois anti-discrimination. « Les gens sont perdus », déplore Kayla Gore, directrice d’un refuge trans à Memphis. Craignant de perdre leurs subventions, certaines associations ont même retiré de leurs sites toute mention d’un accueil LGBTQ+.

Le sort de la règle d’accès égal demeure incertain. Le nouveau secrétaire au Logement, Scott Turner, a suspendu son application dès sa prise de fonctions et entamé une révision du texte, sans en dévoiler les détails. En 2020, la précédente administration Trump avait déjà tenté, sans succès, de supprimer l’obligation faite aux refuges d’accueillir les personnes transgenres selon leur identité de genre.

Pour les défenseurs des droits LGBTQ+, cette politique marque un dangereux retour en arrière. « On rend encore plus vulnérables des personnes déjà marginalisées », alerte Seran Gee, avocate pour Advocates for Trans Equality. Et d’ajouter : « Nos droits ne peuvent pas être une balle de ping-pong politique tous les quatre ans. »

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