Le président américain Donald Trump se prépare à durcir encore sa politique migratoire en 2026, avec une augmentation massive des moyens financiers et humains consacrés à la lutte contre l’immigration clandestine, selon des responsables et des documents consultés par Reuters. Cette stratégie intervient alors que les critiques se multiplient, y compris au sein de son électorat, à l’approche des élections de mi-mandat.
L’administration prévoit notamment d’intensifier les descentes de police sur les lieux de travail, une ligne rouge politiquement sensible. Jusqu’ici, les opérations menées par les agents fédéraux se sont surtout concentrées sur des quartiers urbains et des arrestations ciblées, évitant en grande partie les exploitations agricoles, les usines ou les entreprises essentielles à l’économie, bien que connues pour employer des travailleurs sans papiers.
Le plan présidentiel s’appuie sur une enveloppe budgétaire colossale : près de 170 milliards de dollars supplémentaires seraient alloués aux services chargés de l’immigration, dont l’ICE et la police des frontières. Ces fonds doivent servir à recruter davantage d’agents, élargir les capacités de détention et financer des opérations à plus grande échelle à travers le pays.
Selon des responsables de l’administration, Donald Trump estime que la fermeté sur l’immigration reste un marqueur central de son action politique et un levier électoral, malgré les signaux d’usure dans l’opinion publique. Plusieurs sondages récents montrent en effet un recul de sa popularité, une partie des Américains jugeant les méthodes employées trop agressives et source de tensions dans les communautés locales.
Sur le terrain, les opérations déjà menées ont parfois donné lieu à des scènes spectaculaires, avec des agents fédéraux brisant des vitres de véhicules ou procédant à des arrestations en pleine rue, provoquant colère et inquiétude parmi les habitants et les élus locaux. Des associations de défense des droits civiques dénoncent une politique qu’elles jugent brutale et inefficace, susceptible d’alimenter la peur sans régler les causes structurelles de l’immigration clandestine.
Malgré ces critiques, la Maison-Blanche affirme que le renforcement annoncé est nécessaire pour restaurer l’autorité de l’État et dissuader les arrivées illégales. À un peu moins d’un an des élections de mi-mandat, cette stratégie risque toutefois de devenir un enjeu politique majeur, opposant partisans d’une ligne dure et défenseurs d’une approche plus pragmatique et humanitaire.