L’administration Trump a décidé lundi de déployer temporairement 700 Marines à Los Angeles, marquant une escalade majeure dans sa réponse aux manifestations qui secouent la ville depuis quatre jours. Ce mouvement intervient alors que les autorités fédérales attendent l’arrivée de renforts supplémentaires de la Garde nationale, déjà mobilisée samedi dernier pour faire face à la contestation suscitée par les raids migratoires menés en Californie du Sud.
Les troubles ont éclaté à la suite de la mise en œuvre d’une politique migratoire renforcée par le président Trump, visant à expulser un nombre record de migrants en situation irrégulière. Dans ce contexte, le centre-ville de Los Angeles est devenu l’épicentre des manifestations, notamment autour d’un centre de détention fédéral où sont retenus des immigrants. Lundi soir, les forces de l’ordre ont dispersé plusieurs centaines de manifestants à coups de gaz lacrymogène et de munitions dites « moins létales », après des jets de projectiles sur les policiers.
La décision du président américain a immédiatement suscité une réaction hostile du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, qui a intenté une action en justice contre le gouvernement fédéral pour contester la légalité du déploiement militaire. Newsom a qualifié l’escalade de « totalement injustifiée et sans précédent », dénonçant une atteinte à la souveraineté de l’État. L’administration Trump, de son côté, affirme agir pour restaurer l’ordre face à ce qu’elle considère comme des émeutes violentes et insurrectionnelles.
Le Pentagone a confirmé le doublement des effectifs de la Garde nationale à 4 000 soldats, tout en précisant que l’Insurrection Act – une loi de 1807 permettant à l’armée de réprimer des troubles civils – n’avait pas encore été invoquée. Toutefois, Trump a soutenu publiquement l’idée d’arrêter le gouverneur Newsom pour obstruction, une déclaration qui a provoqué l’indignation de l’opposition démocrate, qualifiant cette menace d’abus de pouvoir.
En parallèle, les manifestations se sont propagées à plusieurs autres grandes villes américaines comme New York, San Francisco et Philadelphie. À Los Angeles, les incidents ont fait plusieurs blessés légers parmi les forces de l’ordre et conduit à une série d’arrestations. Des véhicules autonomes ont été incendiés et des affrontements ont opposé manifestants et partisans de Trump.
Ce déploiement de troupes militaires à des fins de maintien de l’ordre reste extrêmement rare aux États-Unis. La dernière intervention de ce type remonte aux émeutes de 1992 à Los Angeles, après l’acquittement des policiers responsables du passage à tabac de Rodney King. Cette nouvelle démonstration de force soulève des interrogations profondes sur l’équilibre entre autorité fédérale, libertés civiles et souveraineté des États.