Le président américain Donald Trump s’apprête à lancer jeudi son « Conseil de la paix », une nouvelle instance internationale initialement conçue pour contribuer à mettre fin à la guerre à Gaza, mais appelée selon lui à jouer un rôle bien plus large sur la scène mondiale. Cette initiative, présentée à Davos, suscite toutefois des inquiétudes chez plusieurs alliés des États-Unis, qui redoutent qu’elle n’entre en concurrence avec les Nations Unies.
Donald Trump, qui doit présider le conseil, affirme que ce nouvel organe pourrait s’attaquer à des défis mondiaux dépassant le seul conflit israélo-palestinien, tout en assurant qu’il n’a pas vocation à remplacer l’Organisation des Nations Unies. Il a invité des dizaines de dirigeants étrangers à y participer et estime que les membres permanents devraient contribuer chacun à hauteur d’un milliard de dollars.
Malgré ces ambitions affichées, plusieurs partenaires traditionnels de Washington se montrent réticents. Aucun autre membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU ne s’est à ce stade engagé formellement. La Russie a indiqué examiner la proposition, tandis que la France a décliné l’invitation et que le Royaume-Uni a fait savoir qu’il n’y adhérerait pas pour l’instant. La Chine n’a pas encore pris position.
Selon des responsables onusiens, la création du Conseil de la paix a été approuvée dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité liée au plan de paix de Donald Trump pour Gaza. Le porte-parole de l’ONU a toutefois précisé que toute interaction avec ce conseil se limiterait strictement à ce contexte, alimentant les doutes sur son rôle futur et sa légitimité internationale.
Environ 35 pays ont néanmoins accepté de rejoindre l’initiative, parmi lesquels Israël, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Égypte, les Émirats arabes unis ou encore le Bélarus. Peu de démocraties figurent parmi les signataires, à l’exception notable d’Israël et de la Hongrie, dont les dirigeants sont considérés comme proches de Donald Trump.
La charte du Conseil de la paix prévoit une mission générale de promotion de la paix dans le monde. Donald Trump a déjà désigné plusieurs hauts responsables américains ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair pour y siéger. La cérémonie de signature doit se tenir en marge du Forum économique mondial de Davos.
Cette annonce intervient alors que le cessez-le-feu à Gaza, conclu en octobre, reste fragile et marqué par des accusations réciproques de violations entre Israël et le Hamas. Donald Trump a qualifié cette trêve de pas vers « la paix au Moyen-Orient », même si les questions les plus sensibles — désarmement du Hamas, sécurité à Gaza et éventuel retrait israélien — demeurent sans réponse claire.