DEIR AL-BALAH, Bande de Gaza – Cinq Palestiniens ont été tués dimanche matin et plusieurs autres blessés près de deux centres de distribution d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, selon des responsables sanitaires palestiniens et des témoins. L’armée israélienne affirme de son côté avoir tiré des coups de sommation sur des personnes s’approchant de ses forces dans une zone de combat.
Ces nouveaux incidents s’ajoutent à une série de tirs survenus ces deux dernières semaines autour des nouveaux centres d’aide gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), soutenue par Israël et les États-Unis. Les hôpitaux de Gaza font état de plus de 80 morts près de ces sites. Selon le ministère de la Santé de Gaza, 108 corps ont été acheminés vers les hôpitaux au cours des dernières 24 heures, alors qu’Israël affirme avoir frappé des dizaines de cibles militaires.
À Khan Younès, quatre corps ont été déposés à l’hôpital Nasser. Les témoins affirment que les tirs israéliens ont visé des civils s’approchant d’un rond-point, situé à environ un kilomètre d’un site de distribution à Rafah. L’armée israélienne soutient avoir tiré dans une zone considérée comme zone de combat nocturne, précisant que les individus visés ne s’étaient pas détournés malgré les avertissements.
Un autre incident s’est produit à proximité d’un point de distribution central, où l’hôpital al-Awda a reçu un mort et 29 blessés. L’armée indique avoir tiré des tirs de sommation sans constater de blessés. La GHF assure qu’aucune violence n’a eu lieu à ses sites et que les distributions se sont déroulées normalement dimanche, après une suspension temporaire la semaine dernière pour raisons de sécurité.
Sur le terrain, les habitants expriment leur détresse. « C’est un piège, pas une aide », déclare Adham Dahman, blessé à la mâchoire. Zahed Ben Hassan affirme qu’un homme à ses côtés a reçu une balle dans la tête. Des enfants pleuraient leur père mort à l’hôpital, l’un d’eux criant : « Je ne peux pas te voir comme ça, papa ! »
Les sites d’aide, installés dans des zones militaires israéliennes interdites aux journalistes, sont gérés par des entrepreneurs américains et visent à remplacer le système de distribution coordonné par l’ONU, qu’Israël accuse de laisser le Hamas détourner l’aide. L’ONU conteste toute appropriation systématique et critique un dispositif insuffisant, politisé et dangereux pour les civils.
L’armée israélienne a par ailleurs présenté aux médias un tunnel sous l’hôpital européen de Khan Younès, affirmant y avoir découvert le corps de Mohammed Sinwar, chef militaire du Hamas. Depuis le début du conflit, Israël interdit aux journalistes étrangers d’entrer librement à Gaza.
Depuis l’offensive du Hamas le 7 octobre 2023, qui a coûté la vie à 1 200 Israéliens et entraîné la capture de 251 otages, Israël mène une campagne militaire intense dans l’enclave palestinienne. Le ministère de la Santé de Gaza rapporte plus de 54 800 morts, majoritairement des femmes et des enfants. L’armée israélienne affirme avoir éliminé plus de 20 000 combattants sans en fournir la preuve.
Près de 90 % de la population de Gaza a été déplacée et une grande partie du territoire est aujourd’hui en ruines, alors que les perspectives de cessez-le-feu restent bloquées.