Des explosions ont secoué jeudi soir la ville de Jammu, dans la région indienne du Cachemire, alors que l’armée indienne a fait état d’une attaque coordonnée par drones et missiles en provenance du Pakistan. Cette flambée de tensions survient au deuxième jour de violents affrontements entre les deux puissances nucléaires, dans ce qui s’annonce comme la plus grave crise bilatérale depuis plus de vingt ans.
Des sirènes ont retenti dans la ville plongée dans le noir, tandis que des projectiles traversaient le ciel nocturne, selon un journaliste de Reuters présent sur place. Les autorités indiennes ont affirmé que huit missiles avaient été tirés depuis le Pakistan sur plusieurs villes de la région de Jammu, notamment Satwari, Samba, Ranbir Singh Pura et Arnia. Tous auraient été interceptés par la défense aérienne, selon une source militaire.
L’attaque serait toutefois plus vaste, ont ajouté des responsables, suggérant une stratégie militaire offensive et coordonnée d’une ampleur inédite. Le Pakistan n’a pas immédiatement réagi aux accusations, mais avait déclaré plus tôt que des représailles à venir étaient « de plus en plus certaines » après une série d’échanges d’attaques de drones entre les deux pays.
Les puissances internationales, notamment les États-Unis, la Russie et la Chine, ont appelé au calme. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a lancé un appel urgent à la désescalade lors d’appels séparés avec les dirigeants indiens et pakistanais. Le consulat américain à Lahore a ordonné à son personnel de rester confiné, signe de la gravité de la situation.
Les tensions s’étaient déjà envenimées mercredi, lorsque l’Inde a revendiqué des frappes sur neuf sites « terroristes » au Pakistan en représailles à une attaque meurtrière perpétrée le 22 avril au Cachemire indien. Le Pakistan a nié toute implication et affirmé que les sites visés n’étaient pas des bases militantes. Il a en retour annoncé avoir abattu cinq avions indiens, ce que New Delhi a qualifié de « désinformation ».
Selon l’armée pakistanaise, 29 drones indiens auraient été abattus jeudi dans plusieurs grandes villes, dont Karachi, Lahore et Rawalpindi. En réponse, l’Inde a ciblé des radars et systèmes de défense aérienne sur plusieurs points du territoire pakistanais.
Sur le plan économique, les tensions ont eu un impact immédiat. Les marchés boursiers des deux pays ont chuté brutalement, la Bourse pakistanaise perdant 6,3 % avant une suspension des échanges, et la roupie indienne reculant de 1 %. Dans certaines villes de l’État du Pendjab, frontalier du Pakistan, les médias ont signalé des scènes d’achats de panique.
L’affrontement entre l’Inde et le Pakistan, qui se disputent le Cachemire depuis leur indépendance en 1947, soulève une inquiétude mondiale croissante, les deux pays disposant de l’arme nucléaire. Alors que la violence s’intensifie, les appels au dialogue se multiplient pour éviter une nouvelle guerre ouverte dans l’une des régions les plus instables du globe.