Le ministère suisse des Finances a décidé de faire appel d’une décision de justice ayant annulé une amende infligée à une ancienne responsable du Credit Suisse dans une affaire liée à un vaste scandale financier au Mozambique. L’affaire concerne des soupçons de manquement aux obligations de signalement en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.
L’ancienne dirigeante, Lara Warner, avait été condamnée en 2025 à une amende de 100 000 francs suisses, soit environ 127 000 dollars. Les autorités lui reprochaient de ne pas avoir signalé une transaction jugée suspecte dans le cadre d’une affaire de fraude ayant contribué à l’effondrement financier du Mozambique.
La semaine dernière, la Cour pénale fédérale suisse a toutefois annulé cette sanction. Les juges ont estimé que le délai légal permettant d’engager des poursuites était expiré, rendant ainsi l’amende caduque.
Le ministère fédéral des Finances a annoncé lundi avoir contesté cette décision devant la chambre d’appel de la même juridiction. Les autorités n’ont pas souhaité fournir davantage de détails sur leur argumentation, mais cette démarche montre leur volonté de poursuivre l’affaire malgré le revers judiciaire.
Selon la décision de sanction initiale, Lara Warner n’aurait pas informé l’autorité suisse de lutte contre le blanchiment d’argent d’un transfert d’environ 7,8 millions de dollars effectué en mars 2016. Les fonds avaient transité du ministère des Finances du Mozambique vers un compte de Credit Suisse en Suisse avant d’être rapidement transférés vers un compte aux Émirats arabes unis.
Cette affaire s’inscrit dans le contexte du scandale des « dettes cachées » du Mozambique, l’un des plus importants dossiers financiers ayant impliqué Credit Suisse. Ce scandale a provoqué une grave crise économique dans le pays africain et donné lieu à de nombreuses enquêtes judiciaires dans plusieurs pays.
L’affaire revêt également une importance particulière depuis la disparition de Credit Suisse, racheté en 2023 par UBS après une crise historique du secteur bancaire suisse. La décision à venir de la cour d’appel pourrait ainsi devenir un nouveau chapitre d’un dossier qui continue de faire peser son ombre sur l’héritage de l’ancienne banque.
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