«Si nous attendons, il sera trop tard.» Hassen Chalghoumi appelle à lutter contre l’islamisme et l’antisémitisme en Europe, aux côtés du Premier ministre belge. (DR)
«Si nous attendons, il sera trop tard.» Hassen Chalghoumi appelle à lutter contre l’islamisme et l’antisémitisme en Europe, aux côtés du Premier ministre belge. (DR)

Hier, l’imam Hassen Chalghoumi a pris part au Grand Symposium international contre l’antisémitisme organisé à Anvers. Cet événement a rassemblé plus de 300 participants venus de toute l’Europe, dont des responsables politiques, des philosophes et des intellectuels engagés. Le Premier ministre belge Bart De Wever figurait parmi les intervenants aux côtés de l’imam français.

Islam et islamisme : une distinction fondamentale

Dans son discours, Hassen Chalghoumi a insisté sur une idée centrale : la lutte menée aujourd’hui ne vise pas l’islam mais bien l’islamisme. Selon lui, l’islamisme est une idéologie politique qui détourne la religion et l’utilise à des fins de manipulation. Les Frères musulmans, qu’il décrit comme un poison pour les sociétés européennes, exploiteraient la foi des musulmans pour alimenter les conflits et diffuser un climat de haine, notamment envers les Juifs. Combattre cette mouvance, affirme-t-il, c’est protéger les musulmans eux-mêmes de cette instrumentalisation.

Le rôle déterminant de l’éducation et du discours religieux

Pour Hassen Chalghoumi, la première ligne de défense face à l’extrémisme réside dans l’éducation. Les familles et l’école publique ont la responsabilité de transmettre des valeurs de respect, de tolérance et de citoyenneté. Mais il met aussi en garde contre l’influence croissante de l’islam politique dans les mosquées, associations et espaces culturels en Europe. Selon lui, il est urgent de reprendre la maîtrise du discours religieux afin qu’il redevienne porteur d’espérance et de paix.

L’influence numérique des islamistes

L’imam a également souligné le rôle inquiétant des réseaux sociaux dans la diffusion de l’idéologie islamiste. Environ 80% du travail de propagande des Frères musulmans se ferait aujourd’hui en ligne, à travers des milliers de sites, publications et vidéos visant une jeunesse vulnérable. Pour contrer cette dynamique, il appelle à développer des contre-discours positifs et responsables capables de freiner l’endoctrinement numérique.

Une nécessaire mobilisation politique à l’échelle européenne

Enfin, Hassen Chalghoumi a mis en avant la responsabilité du pouvoir politique. Si la France a déjà amorcé une prise de conscience à travers différents rapports officiels, il estime que cette vigilance doit désormais s’étendre à l’ensemble de l’Europe. La Belgique et d’autres pays doivent, selon lui, agir sans attendre pour éviter que la complaisance face à l’islamisme ne fragilise davantage les démocraties et ne menace la paix sociale.

Un appel urgent contre l’antisémitisme en Europe

Clôturant son intervention, Hassen Chalghoumi a lancé un message fort : l’antisémitisme connaît aujourd’hui une progression alarmante en Europe, franchissant toutes les limites. Pour lui, les mots ne suffisent plus, il est désormais temps d’agir concrètement. La lutte contre l’islamisme apparaît ainsi comme une condition essentielle pour libérer l’islam de ses détracteurs, protéger les musulmans européens et bâtir une alliance solide contre la haine et l’extrémisme.

L’imam appelle à une vigilance citoyenne immédiate et à une mobilisation collective, estimant que l’avenir de la société européenne est en jeu. « Si nous attendons encore, il sera trop tard », a-t-il averti avec gravité.

1694055D-570E-4747-81A0-4Adca062Dda5-1.Jpg
Hassen Chalghoumi et le Premier ministre belge Bart De Wever
Partager