Sabotage numérique : les cyberpartisans derrière la paralysie des aéroports russes
Sabotage numérique : les cyberpartisans derrière la paralysie des aéroports russes

WASHINGTON, 28 juillet — Un vaste sabotage informatique ayant perturbé lundi les opérations d’Aeroflot et paralysé plusieurs aéroports russes a été revendiqué par deux groupes de hackers, dont l’un est bien connu pour ses actions radicales contre les autorités biélorusses. Les Cyber Partisans, activistes numériques opposés au régime d’Alexandre Loukachenko, ont déclaré s’être alliés à un groupe plus obscur nommé Silent Crow pour mener cette attaque coordonnée.

La cyberattaque a provoqué l’annulation de dizaines de vols et d’importants retards sur l’ensemble du réseau aérien russe. Aeroflot, la compagnie nationale, a vu ses systèmes internes lourdement perturbés, ce qui a désorganisé la gestion des vols dans les grands hubs du pays, dont Moscou-Cheremetievo. Selon des sources de cybersécurité, l’intrusion aurait visé les infrastructures critiques de gestion des réservations et du contrôle des vols.

Les Cyber Partisans sont apparus en 2020 en pleine vague de contestation populaire en Biélorussie, à la suite d’élections largement considérées comme frauduleuses. Depuis, ils ont mené plusieurs opérations de piratage d’envergure : sites web de médias d’État désactivés, bases de données policières divulguées, et même sabotage du système ferroviaire biélorusse pour entraver les mouvements de troupes russes vers l’Ukraine. En 2024, ils avaient déjà attiré l’attention internationale en piratant l’usine chimique Grodno Azot, altérant selon eux le fonctionnement de ses chaudières.

Le groupe Silent Crow, beaucoup moins connu, semble avoir émergé récemment mais aurait, selon des analystes, un profil similaire de militants numériques opposés à l’influence russe dans l’espace post-soviétique. Leur collaboration avec les Cyber Partisans témoigne d’un renforcement de l’activisme numérique coordonné dans la région.

Cette attaque intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de guerre de l’information accrue entre la Russie et ses voisins occidentaux. Moscou n’a pour l’instant pas commenté officiellement l’identité des auteurs présumés de l’attaque, mais a confirmé l’origine cybernétique de la panne, déclenchant une enquête de ses services de renseignement.

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