Le gouvernement britannique fait face à un scandale croissant après la révélation que plusieurs détenus sont libérés par erreur chaque semaine dans les prisons du pays, a déclaré jeudi un ministre. Cette situation met en lumière les défaillances d’un système pénitentiaire en crise, miné par la surpopulation et des dysfonctionnements administratifs répétés.
L’affaire a éclaté après la libération accidentelle d’Hadush Gerberslasie Kebatu, un demandeur d’asile éthiopien condamné pour agressions sexuelles sur une adolescente et une femme. Son évasion temporaire, survenue le mois dernier, avait provoqué une vague de manifestations devant un centre d’accueil pour migrants à Epping, au nord de Londres, avant de dégénérer en rassemblements anti-immigration. L’homme a finalement été repris après trois jours de cavale.
Deux autres cas récents de libérations injustifiées, dont celui d’un ressortissant algérien fiché pour des crimes sexuels et dont le visa avait expiré, ont relancé le débat sur la sécurité publique et la gestion des établissements pénitentiaires. Le ministère de la Justice a reconnu que 262 prisonniers avaient été relâchés par erreur entre mars 2024 et mars 2025 plus du double de l’année précédente.
« Le système est dans un chaos total », a déclaré Alex Davies-Jones, ministre déléguée à la Justice, sur Times Radio. Elle a affirmé que le gouvernement cherchait à renforcer les procédures et à accélérer l’expulsion des détenus étrangers dès leur condamnation, afin de réduire la pression sur les prisons.
Ces révélations surviennent dans un contexte de surpopulation carcérale record : le nombre de détenus en Angleterre et au Pays de Galles a doublé en trois décennies. Les syndicats de surveillants dénoncent un manque chronique de personnel et de moyens, tandis que les oppositions accusent le précédent gouvernement conservateur d’avoir « laissé le système s’effondrer » par des années d’austérité et de sous-financement.
Le ministre de la Justice et vice-Premier ministre, David Lammy, a promis un plan de réformes urgentes, notamment la construction de nouvelles infrastructures et un audit complet des procédures de libération.