Des manifestations anti-migrants se sont poursuivies dimanche au Royaume-Uni, quelques jours après que le gouvernement a dévoilé son projet de réformer le système d’asile et de restreindre les possibilités d’appel pour les demandeurs.
À Epping, au nord de Londres, des manifestants se sont rassemblés devant l’hôtel Bell, devenu un symbole des tensions locales autour de l’hébergement temporaire des migrants. La Haute Cour avait récemment accordé une injonction temporaire empêchant l’installation de demandeurs d’asile sur le site, alimentant davantage les rassemblements organisés par des groupes hostiles à l’immigration.
Le climat politique s’est encore tendu avec la présentation par Nigel Farage, chef du parti populiste Reform UK et actuel président, d’un plan controversé de « déportation massive » des demandeurs d’asile. Celui-ci prévoit la signature d’accords avec des pays tiers pour accélérer les expulsions, ainsi que l’utilisation de bases militaires comme centres de rétention.
Face à ces pressions et aux critiques, le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer a annoncé une réforme du processus d’appel en matière d’asile, affirmant vouloir réduire les délais et lutter contre les recours abusifs. Londres insiste toutefois sur sa volonté de respecter ses obligations internationales en matière de protection des réfugiés.
La question migratoire reste au cœur du débat politique britannique, entre une opinion publique polarisée, des manifestations répétées devant des hôtels transformés en centres d’accueil, et un gouvernement qui tente d’équilibrer fermeté et respect du droit international.