Près de 33,5 millions de pèlerins ont afflué à Rome en 2025 à l’occasion de l’Année sainte catholique, établissant un record absolu de fréquentation, ont annoncé lundi des responsables du Vatican et des autorités italiennes. Cette affluence sans précédent a dopé l’activité des commerces touristiques, des musées et des restaurants de la capitale italienne.
Les années saintes, ou jubilés, sont célébrées en principe tous les 25 ans et constituent, pour les fidèles catholiques, un temps de paix, de pardon et de grâce. Durant cette période, les pèlerins peuvent franchir les Portes saintes de quatre basiliques romaines et participer à des audiences spéciales avec le pape tout au long de l’année.
Les autorités ont salué les investissements consentis à cette occasion : environ 3,7 milliards d’euros de fonds publics et européens ont été consacrés à la rénovation des sites touristiques et des infrastructures. « Le monde entier est venu à Rome », a déclaré l’archevêque Rino Fisichella, principal responsable du jubilé au Vatican, estimant que l’événement avait été « un moteur de croissance globale ».
Les pèlerins venus ces douze derniers mois représentaient 185 pays, avec une forte présence d’Italiens, d’Américains, d’Espagnols, de Brésiliens et de Polonais. Pour accueillir ce flux, la ville a mené environ 3 200 projets de construction : création d’un passage souterrain près du Vatican, modernisation du métro ou encore restauration de monuments emblématiques comme la fontaine de Trevi.
Le maire de Rome, Roberto Gualtieri, a affirmé que le jubilé avait profondément transformé la ville. Toutefois, le rythme intense des travaux a suscité l’agacement de certains habitants et déçu des visiteurs, confrontés pendant des mois à des sites touristiques masqués par des échafaudages, tandis que le marché locatif de long terme s’est tendu au profit des locations saisonnières.
L’Année sainte de 2025 restera aussi dans l’histoire comme la première depuis 300 ans à se dérouler sous deux papes : elle a été ouverte par François et doit être officiellement close mardi à la basilique Saint-Pierre par son successeur, Léon XIII. Un précédent similaire remontait à 1700, lorsque Clément XI avait achevé un jubilé ouvert par Innocent XII.
Si la clôture de l’Année sainte est imminente, de nombreux chantiers se poursuivront encore à Rome. Une nouvelle année jubilaire spéciale est d’ores et déjà prévue pour 2033, à l’occasion des célébrations marquant les 2 000 ans de la mort de Jésus, prolongeant ainsi l’impact durable de ces grands rassemblements religieux sur la ville et son économie.