Le milliardaire russe Roman Abramovich a dénoncé dimanche l’enquête criminelle ouverte contre lui par les autorités de Jersey, la qualifiant d’« infondée » et d’« illégale », plus de trois ans après son lancement. Selon son porte-parole, aucune charge n’a été retenue depuis l’ouverture de la procédure en 2022, malgré le gel de 7 milliards de dollars d’actifs que la Cour royale de Jersey avait jugés liés à Abramovich.
L’affaire remonte à avril 2022, lorsque le procureur général de Jersey avait désigné l’oligarque comme suspect dans une enquête financière visant des actifs placés dans plusieurs fiducies offshore. Ces mesures avaient été prises dans le contexte des sanctions occidentales visant de nombreux hommes d’affaires russes après l’invasion de l’Ukraine par Moscou.
Selon son porte-parole, Abramovich a obtenu plus tôt cette année l’autorisation de déposer des accusations de complot contre le gouvernement de Jersey. Il affirme que cette démarche repose notamment sur un aveu des autorités locales concernant la suppression de données liées au dossier, ainsi que sur des manquements présumés dans la divulgation d’informations le concernant. Les responsables de Jersey n’ont pas immédiatement commenté ces affirmations.
Abramovich, également citoyen israélien, demeure l’une des figures les plus emblématiques des fortunes bâties à la suite de la chute de l’Union soviétique. Forbes évalue aujourd’hui sa richesse à environ 9,2 milliards de dollars. Malgré son retrait de la scène publique depuis le début de la guerre en Ukraine, il reste au centre d’une série de procédures judiciaires et d’enquêtes financières en Europe, dont celle de Jersey, qui semble s’enliser faute d’avancées substantielles.