La figure de l’opposition ougandaise Kizza Besigye a refusé lundi de comparaître à l’ouverture de son procès pour trahison, accusant le juge en charge du dossier de partialité. Son avocat, Eron Kiiza, a confirmé que son client, ainsi que son assistant Obed Lutale, avaient décidé de boycotter les audiences après le refus du magistrat Emmanuel Baguma de se retirer de l’affaire.
Besigye, ancien candidat à quatre reprises à l’élection présidentielle, est détenu depuis plusieurs mois. Son incarcération met en lumière la situation des droits humains en Ouganda à l’approche du scrutin prévu l’an prochain, où le président sortant Yoweri Museveni, 80 ans, compte briguer un nouveau mandat après près de quatre décennies au pouvoir.
La défense reproche au juge Baguma d’avoir déjà démontré un manque d’impartialité, notamment en refusant à plusieurs reprises la mise en liberté sous caution de l’opposant. « Besigye et Lutale ont pris la décision de ne jamais se présenter devant le juge Baguma », a déclaré Me Kiiza, estimant que ce dernier est « incapable de rendre une justice équitable et impartiale ».
De son côté, le porte-parole de la justice, James Ereemye Mawanda, a rejeté ces accusations, assurant qu’aucun élément ne justifiait les soupçons de partialité et confirmant le maintien de Baguma à la tête du procès. Le magistrat n’a pas réagi publiquement.
Ce boycott illustre les tensions persistantes entre l’opposition et l’appareil judiciaire ougandais, accusé par les détracteurs de Museveni de servir les intérêts du pouvoir. L’affaire pourrait renforcer la pression internationale sur Kampala, alors que la communauté des donateurs surveille de près la préparation des prochaines élections.