Le chef de la diplomatie iranienne a affiché dimanche une ligne dure à l’égard des discussions avec les États-Unis, affirmant que la force de l’Iran réside dans sa capacité à « dire non aux grandes puissances ». Cette prise de position intervient au lendemain de négociations indirectes avec Washington sur le programme nucléaire iranien et dans un contexte de tensions internes marquées par des manifestations à l’échelle nationale.
S’exprimant devant des diplomates réunis à Téhéran, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a réaffirmé que l’Iran entend conserver son droit à enrichir de l’uranium, un point central de discorde avec le président américain Donald Trump. Ce dernier avait ordonné en juin des frappes contre des sites nucléaires iraniens durant la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran.
Alors que le président iranien Masoud Pezeshkian a salué les pourparlers tenus vendredi à Oman comme « un pas en avant », les déclarations d’Araghchi soulignent l’ampleur des obstacles à venir. Dans le même temps, Washington a renforcé sa présence militaire au Moyen-Orient, déployant le porte-avions USS Abraham Lincoln, ainsi que des navires et des avions de combat, afin d’accentuer la pression sur Téhéran.
Dans un discours au ton volontairement symbolique, Abbas Araghchi a évoqué la « bombe atomique » comme une métaphore politique. « Ils craignent notre bombe atomique, alors que nous n’en poursuivons pas », a-t-il déclaré, ajoutant que la véritable force de l’Iran réside dans sa capacité à résister aux pressions extérieures. L’Iran soutient de longue date que son programme nucléaire est exclusivement civil, bien que les puissances occidentales et l’Agence internationale de l’énergie atomique estiment que Téhéran a mené par le passé un programme militaire structuré, interrompu en 2003.
L’Iran a enrichi de l’uranium jusqu’à 60 %, un niveau techniquement proche du seuil militaire de 90 %, tout en affirmant respecter un décret religieux du guide suprême interdisant la fabrication de l’arme nucléaire. Ces dernières années, certains responsables iraniens ont toutefois multiplié les déclarations ambiguës sur une possible capacité à se doter de l’arme, alimentant les inquiétudes internationales.
L’incertitude demeure quant à la tenue d’un second cycle de négociations. Donald Trump a affirmé après les discussions de vendredi que l’Iran « semblait vouloir conclure un accord », sans donner de détails supplémentaires. De son côté, Abbas Araghchi a averti que l’expérience passée avait laissé une profonde méfiance, rappelant que les États-Unis avaient frappé l’Iran « en plein milieu de négociations » lors des pourparlers précédents, laissant planer la menace d’une nouvelle escalade.