Le Sénat nigérian a approuvé mardi une disposition imposant la transmission électronique en temps réel des résultats électoraux, revenant sur un rejet antérieur après une vague de protestations de syndicats, d’organisations de la société civile et d’avocats dénonçant les risques de fraude et de manipulation.
La semaine dernière, les sénateurs avaient voté contre l’obligation de téléverser immédiatement les résultats après le dépouillement, une mesure défendue de longue date par les groupes pro-réforme comme un moyen clé de limiter les interférences lors de la compilation manuelle des votes. Ce revirement marque un changement notable sous la pression publique.
La décision initiale avait suscité une vive indignation, conduisant des militants et des responsables de l’opposition à manifester lundi devant le Parlement à Abuja. Les protestataires exigeaient que la chambre haute s’aligne sur la Chambre des représentants du Nigeria, qui avait déjà validé la transmission électronique des résultats.
Les élections au Nigeria sont régulièrement entachées d’accusations d’achat de votes, de violences et de dysfonctionnements lors du regroupement des suffrages. Ces controverses ont conduit, ces dernières années, les tribunaux à jouer un rôle croissant dans l’arbitrage de scrutins disputés, alimentant la défiance envers le processus électoral.
Les partisans de la réforme estiment que la transmission en temps réel vers la commission électorale, l’Commission électorale nationale indépendante, réduira les possibilités d’altération des résultats entre les bureaux de vote et les centres de compilation.
Ce vote du Sénat ouvre la voie à une harmonisation législative avant les prochains scrutins majeurs. Il est perçu par de nombreux observateurs comme une victoire symbolique pour les défenseurs de la transparence électorale, même si sa mise en œuvre concrète et son efficacité resteront étroitement surveillées.