Le ministère russe de la Justice a annoncé jeudi avoir inscrit Reporters sans frontières (RSF), l’organisation internationale de défense de la liberté de la presse basée en France, sur la liste des « organisations indésirables ». Cette désignation, utilisée régulièrement par les autorités russes contre des groupes jugés hostiles, implique que toute collaboration ou financement par des citoyens russes est passible de lourdes sanctions, pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison.
La Russie justifie cette mesure en affirmant que RSF compromettrait sa sécurité nationale. Ce statut a déjà été appliqué à plusieurs organisations internationales, notamment Radio Free Europe/Radio Liberty, financée par Washington, l’ONG environnementale Greenpeace ou encore Amnesty International, basée à Londres.
Fondée en 1985 en France, RSF est connue pour ses actions de soutien aux journalistes, sa lutte contre la censure et ses campagnes en faveur de la liberté de la presse à travers le monde. L’organisation n’a pas immédiatement réagi à la décision russe.
Cette année, RSF a classé la Russie au 171e rang sur 180 pays dans son indice mondial de la liberté de la presse, dénonçant une répression accrue des médias indépendants. L’ONG a également recensé 50 journalistes actuellement détenus dans le pays, un chiffre en forte hausse depuis le début de la guerre en Ukraine.
Pour les défenseurs des droits humains, cette nouvelle désignation illustre la volonté des autorités russes de restreindre encore davantage l’espace civique et d’isoler la société civile des réseaux internationaux.