BEERSHEBA, Israël – Quelques heures seulement avant qu’un missile iranien ne frappe le centre médical universitaire de Soroka, principal hôpital du sud d’Israël, une décision stratégique a permis de sauver des dizaines de vies. Anticipant un éventuel bombardement, le personnel hospitalier avait transféré les patients les plus vulnérables dans un abri souterrain. Ce geste préventif s’est révélé crucial.
La frappe, survenue le 19 juin au cœur du conflit militaire opposant Israël et l’Iran, a causé d’importants dégâts matériels à l’établissement. Le missile a touché une aile chirurgicale de l’hôpital, brisant des fenêtres, effondrant partiellement la toiture, et projetant des débris dans plusieurs salles. D’épaisses volutes de fumée s’élevaient encore plusieurs heures après l’impact.
Des membres du personnel ont témoigné de la violence de l’explosion, survenue presque immédiatement après que les sirènes d’alerte ont retenti. Deux médecins ont confié à l’Agence Reuters, sous couvert d’anonymat, que le bruit de l’explosion avait résonné jusque dans les salles sécurisées, déclenchant un vent de panique temporaire. « Les lits sur lesquels reposaient les patients sont aujourd’hui réduits en miettes », a déclaré l’une des médecins.
En prévision d’une telle attaque, environ soixante patients en situation critique avaient été déplacés vers le sous-sol de l’hôpital plus tôt dans la semaine. Ce secteur, auparavant utilisé comme crèche pour le personnel, a été réaménagé en unité médicale de fortune, illustrant l’adaptabilité remarquable des équipes face à l’urgence.
L’établissement, qui dessert près d’un million d’habitants dans la région, a dû temporairement fermer ses portes aux admissions, ne recevant désormais que les cas les plus urgents. Les autorités hospitalières envisagent également de transférer une partie des patients vers d’autres établissements pour anticiper de possibles frappes supplémentaires.
Ce bombardement s’inscrit dans une escalade sans précédent entre Israël et l’Iran, marquée par des échanges de missiles, des frappes ciblées sur des infrastructures sensibles et une montée des tensions régionales. Bien qu’aucun décès n’ait été signalé à l’hôpital Soroka, l’attaque illustre les risques croissants auxquels sont exposées les structures civiles, y compris médicales, dans ce conflit.
Les autorités israéliennes n’ont pour l’heure pas précisé si elles considèrent que l’hôpital était visé délibérément ou s’il s’agissait d’un dommage collatéral. Quoi qu’il en soit, la décision d’anticiper l’évacuation partielle des patients apparaît aujourd’hui comme un geste salvateur, dans un climat où la menace reste omniprésente.