L’Ukraine enterre une journaliste morte en captivité russe et appelle à la libération de ses confrères détenus
L’Ukraine enterre une journaliste morte en captivité russe et appelle à la libération de ses confrères détenus

KIEV, 8 août 2025 — Des centaines de personnes se sont réunies vendredi à Kiev pour rendre un dernier hommage à Viktoria Roshchyna, une journaliste ukrainienne morte en captivité russe après avoir disparu il y a deux ans lors d’un reportage dans l’est de l’Ukraine occupé. La cérémonie funéraire, marquée par une profonde émotion, s’est tenue à la cathédrale Saint-Michel-au-Dôme-d’Or, en plein cœur de la capitale ukrainienne.

Viktoria Roshchyna, âgée de 27 ans, avait disparu en août 2023 alors qu’elle couvrait les conditions de vie sous l’occupation russe dans le Donbass. Son travail, reconnu pour sa rigueur et son courage, offrait un rare éclairage sur les réalités du conflit dans les zones sous contrôle russe. Selon les autorités ukrainiennes, elle aurait été détenue pendant un an avant de mourir dans des circonstances qui n’ont pas été officiellement précisées.

« C’est très triste… nous perdons une professionnelle plus courageuse que nous tous », a déclaré à Reuters la journaliste Nataliya Gumenyuk, présente aux obsèques. « Nous lui rendons hommage alors que d’autres journalistes ukrainiens sont toujours derrière les barreaux. Compte tenu de ce qui lui est arrivé, il est de notre devoir de persévérer. »

Plusieurs collègues et organisations de défense de la liberté de la presse ont profité de l’événement pour relancer les appels à la libération des journalistes ukrainiens encore détenus par la Russie. Kiev accuse Moscou d’utiliser la détention de reporters comme instrument d’intimidation et de propagande, notamment dans les territoires annexés ou sous contrôle militaire.

La présidence ukrainienne a qualifié la mort de Roshchyna de « tragédie nationale » et a promis de poursuivre tous les efforts diplomatiques pour assurer la libération des professionnels de l’information encore captifs. Les autorités appellent également les partenaires occidentaux à accroître la pression sur Moscou.

Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, plusieurs journalistes ukrainiens ont été portés disparus ou arrêtés dans les zones occupées. Les ONG internationales dénoncent une détérioration alarmante de la liberté de la presse dans les territoires concernés.

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