La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a annoncé son intention de proposer aux États membres de l’Union européenne une liste de concessions que l’Europe devrait exiger de la Russie dans le cadre d’un éventuel règlement visant à mettre fin à la guerre en Ukraine.
Alors que les discussions engagées jusqu’ici ont surtout impliqué l’Ukraine, les États-Unis et la Russie, les responsables européens estiment qu’aucun accord durable ne peut être conclu sans l’adhésion de l’Union. Selon Kallas, toutes les parties doivent comprendre que l’Europe a son mot à dire et qu’elle posera ses propres conditions.
La responsable européenne a précisé que ces exigences ne devaient pas peser sur Kyiv, déjà fortement mise sous pression, mais bien sur Moscou. Parmi les pistes évoquées figurent le retour de tous les enfants ukrainiens emmenés en Russie pendant le conflit, ainsi que des limitations imposées aux forces armées russes, sans entrer davantage dans les détails.
Cette liste devrait être soumise aux gouvernements des pays membres dans les prochains jours. Plusieurs responsables européens rappellent que l’Union dispose de leviers importants, notamment près de 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés en Europe, qui pourraient jouer un rôle dans toute négociation future.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la majorité des États européens ont cherché à isoler diplomatiquement la Russie. Toutefois, certains gouvernements se montrent récemment plus ouverts à un dialogue direct avec Moscou, inquiets de voir des discussions approfondies se tenir principalement entre responsables américains et russes, en marge de l’Europe.
La question de la représentation européenne dans d’éventuels pourparlers reste également ouverte. Si l’idée de nommer un envoyé spécial de l’Union a été évoquée, Kallas a souligné qu’il était prioritaire que les Vingt-Sept s’accordent d’abord sur une position commune et sur les concessions attendues de la Russie.
Pour la cheffe de la diplomatie européenne, la crédibilité de l’Union est en jeu. Sans exigences claires et partagées, l’Europe risquerait de se retrouver marginalisée dans un processus de paix qui engagerait pourtant directement sa sécurité et son avenir.