L’Iran accuse Trump, Netanyahu et l’Europe d’avoir attisé les manifestations (AP)
L’Iran accuse Trump, Netanyahu et l’Europe d’avoir attisé les manifestations (AP)

Le président iranien Massoud Pezeshkian a accusé samedi les États-Unis, Israël et plusieurs pays européens d’avoir exploité les difficultés économiques de l’Iran pour provoquer et attiser les récentes manifestations qui ont secoué le pays pendant deux semaines.

S’exprimant lors d’une allocution retransmise en direct à la télévision d’État, Pezeshkian a affirmé que ces puissances étrangères avaient « incité aux troubles » et fourni des moyens visant à « déchirer la nation », dans un contexte de forte inflation et de hausse du coût de la vie ayant déclenché la contestation fin décembre.

Les manifestations, parmi les plus importantes observées en Iran ces dernières années, se sont progressivement calmées après une répression sévère des autorités religieuses. Selon l’organisation américaine de défense des droits humains HRANA, au moins 6 563 personnes auraient été tuées, dont une large majorité de manifestants. Les autorités iraniennes avancent des bilans différents, évoquant plusieurs milliers de morts, y compris parmi les forces de sécurité.

Le président iranien a directement mis en cause Donald Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et « les Européens », les accusant de vouloir semer la division au sein de la société iranienne. Il a estimé que les protestations ne relevaient pas d’un simple mouvement social, mais s’inscrivaient dans une tentative plus large de déstabilisation.

Washington a publiquement exprimé son soutien aux manifestants. Donald Trump a déclaré à plusieurs reprises que les États-Unis pourraient intervenir si les autorités iraniennes continuaient de tuer des protestataires, tandis que des responsables américains ont indiqué que différentes options étaient à l’étude, sans décision arrêtée à ce stade.

Dans ce contexte de tensions accrues, des alliés régionaux, dont la Turquie, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, ont multiplié les initiatives diplomatiques pour éviter une confrontation militaire entre Téhéran et Washington.

Parallèlement, les désaccords persistent sur une éventuelle reprise des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis. Washington exige notamment que Téhéran limite son programme de missiles, une demande catégoriquement rejetée par l’Iran. Le chef de la diplomatie iranienne a répété que les capacités balistiques du pays ne seraient « jamais négociées », affirmant que l’Iran se tenait prêt aussi bien au dialogue qu’à un affrontement si nécessaire.

Les autorités iraniennes continuent, de leur côté, d’écarter toute perspective de changement de régime, estimant que le système politique du pays reste solidement ancré malgré les pressions internes et externes.

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