L’état de santé du magnat des médias pro-démocratie Jimmy Lai a occupé une place centrale lors de l’audience d’atténuation de sa peine, ultime étape avant le prononcé de la sentence dans un procès emblématique pour la sécurité nationale à Hong Kong.
Âgé de 78 ans, le fondateur du journal aujourd’hui disparu Apple Daily a été reconnu coupable en décembre d’avoir été le principal instigateur de deux chefs d’accusation de collusion avec des forces étrangères, ainsi que de complot en vue de publier des documents jugés séditieux. Il encourt une peine allant de dix ans de prison à la réclusion à perpétuité. Jimmy Lai conteste l’ensemble des accusations portées contre lui.
Lors de l’audience, son avocat a fait valoir que son client souffrait de plusieurs pathologies chroniques, dont l’hypertension, le diabète et des problèmes oculaires, soulignant que plus de 1 800 jours passés à l’isolement avaient constitué une épreuve supplémentaire pour sa santé physique et mentale. Il a estimé que chaque jour supplémentaire en détention rapprochait Jimmy Lai de la fin de sa vie, tout en reconnaissant que ces affections ne mettaient pas immédiatement son pronostic vital en danger.
Le parquet s’est appuyé sur un rapport médical récent affirmant que l’état de santé de l’accusé était « stable ». Il a également contesté certaines affirmations de la défense concernant une perte de poids importante en détention et rappelé que l’isolement avait été demandé par Jimmy Lai lui-même pour des raisons de sécurité.
Les juges ont rappelé dans leurs observations que Jimmy Lai avait, selon eux, utilisé son influence médiatique pour mener une campagne visant à saper l’autorité du pouvoir central chinois. Plusieurs coaccusés, dont d’anciens cadres de Next Digital, ont parallèlement sollicité des réductions de peine en échange de leur coopération avec l’accusation.
L’audience s’est déroulée sous haute surveillance, tandis que des dizaines de soutiens de Jimmy Lai ont fait la queue durant la nuit devant le tribunal dans l’espoir d’assister à la séance. À l’international, la procédure continue de susciter des critiques. Des responsables occidentaux, dont le président américain Donald Trump, ont appelé à sa libération, tout comme des experts mandatés par l’ONU, qui évoquent un affaiblissement des libertés fondamentales à Hong Kong.
L’audience doit se poursuivre, le verdict final étant attendu à une date ultérieure.