Les propos de la Première ministre japonaise sur Taïwan provoquent une crise diplomatique avec la Chine (AP)
Les propos de la Première ministre japonaise sur Taïwan provoquent une crise diplomatique avec la Chine (AP)

Les déclarations de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, sur une éventuelle intervention militaire de Tokyo en cas d’attaque chinoise contre Taïwan ont déclenché une vive polémique diplomatique avec Pékin.

La cheffe du gouvernement a évoqué, lors d’un débat parlementaire, la possibilité qu’une tentative chinoise de placer Taïwan « entièrement sous le contrôle de Pékin par la force » puisse être considérée comme une « situation menaçant la survie » du Japon, justifiant l’usage des forces d’autodéfense. Elle a également laissé entendre qu’une attaque contre des navires américains opérant dans la région pourrait entraîner une riposte japonaise.

Ces propos ont rompu avec la prudence habituelle du Japon, qui s’efforce depuis des années de maintenir une ambiguïté stratégique sur la question taïwanaise, suivant la ligne adoptée par les États-Unis. Pékin a immédiatement réagi, déposant une protestation officielle et accusant Tokyo d’« ingérence flagrante » dans ses affaires intérieures. Un diplomate chinois à Osaka a même publié un message menaçant sur X avant de le supprimer, déclarant qu’il fallait « couper la tête sale qui s’immisce dedans ».

La loi japonaise sur la sécurité nationale, adoptée en 2015, autorise une intervention militaire dans le cadre de situations jugées vitales pour la survie du pays. Cette législation, très controversée à l’époque, avait marqué un tournant majeur dans la politique de défense du Japon, traditionnellement pacifiste.

Takaichi, figure nationaliste entrée récemment en fonction, a déjà irrité Pékin en rencontrant un représentant taïwanais lors du sommet de l’APEC à Séoul début novembre. Ses propos risquent de fragiliser les relations sino-japonaises, alors même que Tokyo héberge le plus important contingent militaire américain à l’étranger et dépend largement des voies maritimes passant à proximité de Taïwan.

Face à la colère de la Chine, le gouvernement japonais a réaffirmé son attachement à l’accord de 1972 reconnaissant la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légitime, tout en appelant à une résolution pacifique du différend taïwanais. Takaichi a depuis qualifié ses propos d’« hypothétiques » et promis de ne pas réitérer de telles déclarations au Parlement.

Que retenir rapidement ?

Les déclarations de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, sur une éventuelle intervention militaire de Tokyo en cas d’attaque chinoise contre Taï

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