Un responsable américain a déclaré mardi que l’administration du président Donald Trump a gelé plus d’un milliard de dollars de financement destiné à l’université Cornell et 790 millions de dollars à l’université Northwestern, dans le cadre d’une enquête sur des violations potentielles des droits civiques dans ces établissements.
Selon ce responsable, qui a requis l’anonymat, ce gel concerne principalement des subventions et contrats avec les ministères de la Santé, de l’Éducation, de l’Agriculture et de la Défense. L’administration Trump avait menacé de suspendre le financement fédéral de plusieurs universités en raison des manifestations pro-palestiniennes sur les campus, ainsi que d’autres questions liées aux programmes de diversité, d’équité et d’inclusion.
Le mois dernier, l’administration a adressé une lettre à 60 universités, dont Cornell et Northwestern, les avertissant qu’elle pourrait prendre des mesures si une révision concluait que les universités n’avaient pas su mettre fin à ce qu’elle qualifie d’antisémitisme.
L’université Cornell a indiqué ne pas avoir reçu de notification officielle sur le montant exact du financement gelé, mais avoir reçu des ordres de suspension de la part du Département de la Défense concernant des projets de recherche dans les domaines de la défense, de la santé et de la cybersécurité. Elle a ajouté qu’elle cherchait à obtenir plus d’informations auprès du gouvernement.
De son côté, l’université Northwestern a déclaré être au courant des rapports médiatiques faisant état du gel du financement, sans toutefois avoir reçu de communication officielle. Elle a affirmé coopérer à l’enquête. Son porte-parole a souligné que « les fonds fédéraux reçus par Northwestern soutiennent des recherches novatrices et salvatrices, comme le développement récent par ses chercheurs du plus petit stimulateur cardiaque jamais conçu, ou les travaux visant à lutter contre la maladie d’Alzheimer. Ce type de recherche est aujourd’hui menacé ».
Donald Trump cherche à durcir sa position contre les manifestations pro-palestiniennes sur les campus universitaires, protestations suscitées par l’offensive militaire israélienne dévastatrice sur Gaza, qui a provoqué une crise humanitaire dans l’enclave. Cette campagne militaire a été déclenchée après une attaque lancée par le mouvement de résistance palestinien Hamas en octobre 2023.
Trump accuse les manifestants d’antisémitisme, les qualifiant de sympathisants du Hamas et de menace pour la politique étrangère. Les protestataires, parmi lesquels figurent également des groupes juifs, affirment pour leur part que l’administration Trump confond à tort leurs critiques des actions d’Israël à Gaza et leur soutien aux droits des Palestiniens avec de l’antisémitisme ou un soutien au Hamas.
Les États-Unis gèlent le financement des universités Cornell et Northwestern