Mark Savaya, nommé en octobre par le président américain Donald Trump comme envoyé spécial pour l’Irak, n’occupe plus cette fonction, selon plusieurs sources proches du dossier. Ce départ intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Bagdad, liées notamment aux efforts américains pour limiter l’influence iranienne sur la scène politique irakienne.
Les raisons exactes de son éviction n’ont pas été précisées et aucune annonce officielle n’a été faite concernant la nomination d’un successeur. Une source évoque toutefois une « mauvaise gestion » de dossiers clés, en particulier l’incapacité de Savaya à empêcher le retour pressenti de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, une option contre laquelle Trump avait publiquement mis en garde les autorités irakiennes.
Selon ces mêmes sources, le portefeuille irakien au département d’État pourrait être repris par Tom Barrack, actuellement ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie. Barrack s’est récemment rendu à Erbil pour des entretiens avec les Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes. Ni lui ni le département d’État n’ont souhaité commenter.
Contacté cette semaine, Savaya a nié avoir quitté son poste, affirmant être encore engagé dans des démarches administratives liées à sa prise de fonctions. Il a cependant cessé de répondre aux sollicitations ultérieures, et son compte sur le réseau social X, actif jusqu’à récemment, a été supprimé.
Entrepreneur irako-américain chrétien, Savaya figurait parmi les rares Américains d’origine arabe nommés à des postes de haut niveau par Trump, dans le cadre d’une stratégie visant à séduire l’électorat arabe et musulman lors de la campagne présidentielle de 2024. Son profil avait surpris à Washington en raison de son absence d’expérience diplomatique.
Selon des responsables irakiens, Savaya n’a effectué aucune visite officielle en Irak depuis sa nomination et a annulé à la dernière minute un déplacement prévu pour rencontrer de hauts responsables à Bagdad. Son départ survient alors que Trump a menacé de couper le soutien américain à l’Irak si Maliki redevenait Premier ministre, illustrant la volonté de Washington de peser davantage sur les équilibres politiques du pays.