Le président du Salvador dément les allégations de torture d’un migrant expulsé à tort des États-Unis
Le président du Salvador dément les allégations de torture d’un migrant expulsé à tort des États-Unis

Le président salvadorien Nayib Bukele a nié vendredi que Kilmar Abrego Garcia, un migrant légalement installé aux États-Unis, ait été victime de torture dans une prison salvadorienne, contredisant les allégations formulées par des membres de sa famille et relayées par des ONG de défense des droits humains. Cette affaire, devenue hautement médiatisée, met en lumière les dysfonctionnements des procédures d’expulsion américaines ainsi que les conditions de détention au Salvador.

Kilmar Abrego Garcia vivait légalement aux États-Unis avec un permis de travail valide lorsqu’il a été expulsé par erreur vers le Salvador en avril dernier. À son arrivée, il aurait été immédiatement arrêté par les autorités salvadoriennes, qui l’auraient identifié comme un membre présumé de gang, selon les dires de sa famille. Depuis, Abrego Garcia est incarcéré, sans qu’aucune charge formelle n’ait été rendue publique.

Dans une déclaration diffusée par la présidence, Nayib Bukele a qualifié de « fausses et politiquement motivées » les accusations selon lesquelles Abrego Garcia aurait été torturé pendant sa détention. Il a affirmé que le détenu était traité conformément aux lois en vigueur et que « toute tentative de manipulation médiatique serait rejetée avec fermeté ».

Les proches d’Abrego Garcia, quant à eux, maintiennent qu’il a subi des sévices physiques en prison et dénoncent un cas d’erreur judiciaire dramatique. Ils ont affirmé à Reuters qu’il n’avait aucun lien avec les gangs violents que les autorités disent combattre, et que son expulsion depuis les États-Unis était survenue en dépit de son statut légal, appuyé par des documents valides.

L’affaire a suscité des réactions vives de la part de plusieurs organisations de défense des droits humains, qui accusent le gouvernement salvadorien de violations systématiques dans le cadre de son « état d’exception » instauré en 2022 pour lutter contre la criminalité. Washington n’a pas encore commenté officiellement l’expulsion erronée ni les conditions de détention de M. Abrego Garcia.

Alors que les pressions internationales s’intensifient, cette affaire soulève des interrogations sur les dérives possibles des politiques migratoires et sécuritaires à la fois aux États-Unis et au Salvador. Pour la famille d’Abrego Garcia, l’objectif reste désormais clair : obtenir sa libération et un retour rapide aux États-Unis, où il résidait légalement avant cette série d’erreurs dramatiques.

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