Le chef de l’opposition ougandaise Bobi Wine dit avoir échappé à un raid après l’élection
Le chef de l’opposition ougandaise Bobi Wine dit avoir échappé à un raid après l’élection

Le principal opposant ougandais, Bobi Wine, a affirmé samedi avoir échappé à une descente conjointe de la police et de l’armée à son domicile, au lendemain d’un scrutin présidentiel qui semblait se diriger vers une large victoire du chef de l’État sortant.

Selon la Plateforme d’unité nationale (NUP), le parti de l’opposition, un hélicoptère militaire aurait atterri vendredi soir dans la propriété de Bobi Wine et les forces de sécurité auraient tenté de l’emmener vers une destination inconnue, une version démentie par la police. Dans un message publié sur le réseau social X, l’opposant a déclaré avoir réussi à se soustraire à l’opération après que le courant a été coupé et que des caméras de surveillance ont été neutralisées.

Bobi Wine a indiqué ne pas se trouver à son domicile et a ajouté que sa famille serait assignée à résidence, des informations que Reuters n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante. Un porte-parole de la police avait auparavant assuré que l’opposant n’était pas en état d’arrestation et se trouvait chez lui.

Cette situation intervient alors que les résultats partiels de l’élection présidentielle donnent une avance confortable au président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. Avec plus de 90 % des bureaux de vote dépouillés, la commission électorale lui attribuait près de 72 % des suffrages, contre environ 24 % pour Bobi Wine.

L’opposition a dénoncé de « vastes fraudes » lors d’un scrutin marqué par une coupure généralisée d’Internet et par des accusations de répression et d’intimidation, relevées notamment par les Nations unies. Si le vote s’est déroulé globalement dans le calme, des violences ont été signalées dans la nuit de vendredi à samedi dans la ville de Butambala, où des versions contradictoires font état de morts lors d’affrontements entre forces de sécurité et partisans de l’opposition.

La police a évoqué une attaque menée par des « voyous » armés contre un poste de police et un centre de dépouillement, affirmant avoir tiré en état de légitime défense. Un député de l’opposition a, de son côté, accusé les forces de sécurité d’avoir ouvert le feu à l’intérieur de sa maison, causant plusieurs décès. Reuters n’a pas pu confirmer de manière indépendante les circonstances exactes de ces violences.

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