Le Canada a considérablement accru le nombre de demandeurs d’asile refoulés vers les États-Unis en vertu de l’Entente sur les tiers pays sûrs, malgré les risques que certains puissent ensuite être expulsés vers des pays tiers. C’est ce qu’indiquent de nouvelles données de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).
Selon ces chiffres, 3 282 personnes ont été renvoyées entre janvier et août 2025, contre 2 481 sur la même période en 2024. Le mois de juillet a enregistré un pic avec 789 refoulements, le niveau mensuel le plus élevé depuis au moins dix ans. L’accord bilatéral, prolongé en 2023, prévoit que les demandeurs d’asile arrivant à la frontière terrestre entre les deux pays soient renvoyés vers le premier pays dans lequel ils sont entrés.
Des exemptions existent toutefois, notamment pour les apatrides ou les personnes ayant de la famille proche au Canada. Des avocats spécialisés en immigration estiment que certaines des personnes renvoyées auraient pu légalement déposer une demande d’asile au Canada, mais que ces dispositions ne sont pas toujours correctement appliquées.
Les autorités canadiennes n’ont pas fourni d’explication sur l’augmentation récente des refoulements. Un porte-parole de l’ASFC s’est refusé à commenter les raisons de cette hausse, qui suscite des inquiétudes parmi les défenseurs des droits des réfugiés.
Aux États-Unis, les demandeurs d’asile peuvent être confrontés à une procédure d’expulsion accélérée, y compris vers des pays tiers considérés comme « sûrs » par Washington. Cette perspective alimente les critiques envers le Canada, accusé de manquer à ses obligations internationales en matière de protection des réfugiés.
La hausse des renvois intervient alors que les mouvements migratoires se maintiennent à un niveau élevé en Amérique du Nord, mettant à l’épreuve les dispositifs de coopération bilatérale et les systèmes d’accueil nationaux.