L’armée américaine transporte par avion un micro-réacteur nucléaire, Trump accélère sur le nucléaire (AP)
L’armée américaine transporte par avion un micro-réacteur nucléaire, Trump accélère sur le nucléaire (AP)

Le Pentagone et le département américain de l’Énergie ont transporté pour la première fois par avion un micro-réacteur nucléaire de la Californie vers l’Utah, une opération présentée comme une démonstration de la capacité des États-Unis à déployer rapidement de l’énergie nucléaire pour des usages civils et militaires.

Le vol de près de 1 100 kilomètres, effectué à bord d’un avion militaire C-17 entre la base de March en Californie et Hill Air Force Base, a acheminé un réacteur de 5 mégawatts sans combustible nucléaire. L’initiative s’inscrit dans la stratégie du président Donald Trump visant à accélérer le développement du nucléaire afin de répondre à la demande croissante en électricité, notamment liée à l’intelligence artificielle, aux centres de données et aux besoins des forces armées.

Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a salué une avancée vers l’obtention rapide d’autorisations commerciales pour ces réacteurs de nouvelle génération. Selon les autorités, le micro-réacteur pourrait atteindre l’« état critique » — lorsque la réaction nucléaire devient auto-entretenue — d’ici le 4 juillet, conformément aux objectifs fixés par l’administration.

Les États-Unis disposent actuellement de 94 réacteurs nucléaires opérationnels, qui produisent environ 19 % de l’électricité du pays. Face aux coûts et aux délais des grands projets, les responsables publics et industriels misent de plus en plus sur des modèles plus compacts et modulaires. Les micro-réacteurs, conçus pour être transportables, pourraient alimenter des bases militaires isolées ou des infrastructures stratégiques sans dépendre du réseau électrique civil.

Le réacteur transporté doit être testé dans un laboratoire énergétique de l’Utah. Ses promoteurs affirment qu’il pourrait fournir suffisamment d’électricité pour environ 5 000 foyers. L’entreprise à l’origine du projet espère commencer des ventes à titre expérimental l’an prochain, avec une commercialisation complète envisagée d’ici 2028.

Des experts ont toutefois exprimé des réserves, soulignant que des questions subsistent concernant la sécurité du transport une fois le combustible chargé, la viabilité économique de ces installations et la gestion des déchets nucléaires. L’administration assure travailler avec plusieurs États pour trouver des solutions de stockage et défend le nucléaire comme une source d’énergie fiable et sans émissions directes de carbone.

Cette opération marque une nouvelle étape dans la volonté de Washington de relancer l’énergie nucléaire et de renforcer la sécurité énergétique du pays dans un contexte de forte hausse de la demande en électricité.

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