La colère exprimée par l’Italie après la libération sous caution du propriétaire du bar où un incendie meurtrier a éclaté le soir du Nouvel An en Suisse est « compréhensible », a déclaré dimanche le président suisse Guy Parmelin, tout en soulignant l’indépendance de la justice helvétique.
L’incendie, survenu aux premières heures du 1er janvier dans un bar bondé d’adolescents à Crans-Montana, station de ski du canton du Valais, a fait 40 morts, dont six ressortissants italiens, et plus de 100 blessés. Le drame a suscité une vive émotion en Italie, largement relayée par les médias et la classe politique.
Le cabinet de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a dénoncé samedi la remise en liberté du propriétaire du bar, Jacques Moretti, qualifiant cette décision « d’affront grave et d’une nouvelle blessure infligée aux familles des victimes de Crans-Montana et à celles des personnes encore hospitalisées ».
Dans une interview accordée au quotidien Corriere della Sera, Guy Parmelin a déclaré que les autorités suisses comprenaient l’indignation italienne, mais que les responsables politiques ne pouvaient interférer avec les décisions judiciaires. « Il n’appartient pas aux hommes politiques de s’immiscer dans le système judiciaire. Nous comprenons parfaitement l’indignation », a-t-il affirmé.
Rome a par ailleurs demandé la mise en place d’une équipe d’enquête conjointe entre les deux pays. L’Italie a indiqué avoir chargé son ambassadeur en Suisse d’exprimer sa « profonde indignation » auprès du procureur général du canton du Valais et de rentrer à Rome pour des consultations diplomatiques.
Interrogé sur ce rappel, Guy Parmelin a indiqué que la Suisse n’avait pas été officiellement informée de cette décision. « Il s’agit d’une mesure diplomatique ordinaire… après les consultations, l’ambassadeur retournera en Suisse », a-t-il déclaré, cherchant à apaiser les tensions entre les deux pays.