La Suède s’apprête à renforcer sensiblement les conditions d’accès à la citoyenneté, dans le cadre d’une politique migratoire de plus en plus restrictive portée par le gouvernement de centre-droit. Les autorités ont annoncé que les candidats devront désormais résider huit ans dans le pays avant de pouvoir déposer une demande, contre cinq ans actuellement.
Parmi les nouvelles exigences figurent également l’instauration d’un seuil de revenu minimum et l’obligation de réussir des tests de langue ainsi que de connaissance de la société suédoise. Le gouvernement précise que les demandeurs devront justifier d’un revenu mensuel supérieur à 20 000 couronnes suédoises, soit un peu plus de 2 200 dollars.
Selon Johan Forssell, ministre suédois des Migrations, ces critères marquent une rupture nette avec le système en vigueur jusqu’ici, jugé trop permissif. Il a souligné que les règles actuelles comportaient très peu de conditions formelles pour l’obtention de la citoyenneté.
Ce durcissement s’inscrit dans la continuité du virage amorcé depuis la crise migratoire de 2015, lorsque environ 160 000 demandeurs d’asile avaient afflué vers la Suède. Depuis, les gouvernements successifs ont progressivement resserré les politiques d’asile et d’immigration.
L’exécutif espère que cette ligne plus ferme répondra aux attentes d’un électorat de plus en plus sensible aux questions migratoires, à l’approche des élections législatives prévues en septembre. Les mesures annoncées doivent encore être traduites en textes législatifs avant leur entrée en vigueur.