ATHÈNES, 10 juillet (Reuters) – Le Parlement grec doit se prononcer dans les prochains jours sur une nouvelle législation controversée qui permettrait de traiter les demandes d’asile en dehors du territoire national, notamment dans des pays d’Afrique du Nord. Cette initiative, présentée comme une réponse à l’augmentation des arrivées de migrants sur l’île de Crète, a provoqué une levée de boucliers de la part des organisations de défense des droits de l’homme.
Selon le texte en discussion, la Grèce pourrait externaliser une partie de son système d’asile vers des pays tiers « sûrs », à l’instar de la Tunisie ou de l’Égypte, où les demandeurs seraient envoyés en attendant qu’une décision soit rendue sur leur sort. Le gouvernement affirme que cette mesure vise à alléger la pression sur les structures d’accueil grecques, tout en décourageant les traversées dangereuses de la Méditerranée.
Cependant, plusieurs ONG et agences de défense des droits humains, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ont dénoncé une violation flagrante du droit international et des engagements européens de la Grèce. Elles pointent du doigt le risque que les personnes renvoyées soient exposées à des conditions de détention inhumaines ou à des refoulements illégaux.
« Cette loi équivaut à abandonner les principes fondamentaux de protection des réfugiés », a déclaré une représentante d’Amnesty, en ajoutant que l’externalisation de l’asile vers des pays où l’État de droit est incertain constitue une manœuvre politique dangereuse et inhumaine.
Le débat intervient dans un contexte de tensions croissantes sur l’île de Crète, qui a vu une hausse significative du nombre d’arrivées de migrants au cours des dernières semaines. Le gouvernement grec, sous pression politique interne, tente de rassurer les autorités locales et de renforcer son dispositif de contrôle des frontières.
Si le projet de loi est adopté, la Grèce emboîterait le pas à d’autres pays européens, comme le Royaume-Uni ou le Danemark, qui ont également tenté de transférer les procédures d’asile à l’étranger – une approche que la Cour européenne des droits de l’homme a jusqu’à présent jugée avec scepticisme.