La Corée du Nord a lancé dimanche plusieurs missiles balistiques en direction de la mer, ont annoncé ses voisins, quelques heures avant le départ du président sud-coréen Lee Jae Myung pour une visite officielle en Chine, où la question nucléaire nord-coréenne doit figurer à l’agenda.
L’état-major interarmées sud-coréen a indiqué avoir détecté des tirs depuis la région de Pyongyang vers 7h50 (heure locale). Les missiles auraient parcouru environ 900 kilomètres avant de retomber en mer. Les autorités sud-coréennes ont précisé analyser les caractéristiques des tirs en coordination avec les États-Unis et le Japon, tout en affirmant maintenir un niveau de préparation élevé face à toute provocation.
À Tokyo, le ministre japonais de la Défense Shinjiro Koizumi a confirmé au moins deux lancements, les qualifiant de menace grave pour la sécurité du Japon, de la région et du monde. Séoul a par la suite convoqué une réunion d’urgence de son Conseil de sécurité nationale, rappelant que ces tirs violent les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
Ces lancements s’inscrivent dans une série de démonstrations militaires nord-coréennes observées ces dernières semaines, à l’approche d’un congrès du Parti des travailleurs attendu début 2026, le premier en cinq ans. Des analystes estiment que Pyongyang cherche à mettre en avant ses avancées militaires et à affiner sa position diplomatique, notamment vis-à-vis de Washington, après l’échec des pourparlers avec les États-Unis en 2019 sous la présidence de Donald Trump.
Dimanche également, les médias d’État nord-coréens ont rapporté que le dirigeant Kim Jong Un avait inspecté une usine d’armement et ordonné une augmentation significative des capacités de production. La veille, la Corée du Nord avait déjà communiqué sur des tests récents de missiles de croisière à longue portée et sur des progrès dans la construction de son premier sous-marin à propulsion nucléaire.
Les tirs interviennent enfin à la veille du déplacement du président sud-coréen à Pékin, où il doit rencontrer le président Xi Jinping. Séoul a indiqué vouloir solliciter de la Chine, principal allié et partenaire économique de Pyongyang, un rôle « constructif » en faveur de la stabilité et de la dénucléarisation de la péninsule coréenne.