Le président kirghize Sadyr Japarov a signé des décrets mettant fin aux fonctions de Kamchybek Tashiev, un allié de longue date considéré comme l’un des hommes les plus influents du pays, le démettant à la fois de son poste de chef du Comité d’État pour la sécurité nationale et de vice-Premier ministre.
Tashiev occupait des postes clés au sein de l’appareil sécuritaire et gouvernemental depuis 2020, année où lui et Japarov étaient arrivés au pouvoir à la faveur de manifestations de masse déclenchées par des accusations de fraude électorale. Il était largement perçu comme le numéro deux du régime et une figure centrale du système de sécurité.
Selon les médias locaux, le porte-parole de la présidence a expliqué que cette décision visait à prévenir d’éventuelles divisions au sein de la société et des institutions publiques, et à renforcer l’unité nationale. Aucune précision supplémentaire n’a été donnée sur les raisons exactes de ce limogeage.
Kamchybek Tashiev n’a pas réagi publiquement dans l’immédiat. Plusieurs hauts responsables de la sécurité travaillant sous son autorité ont également été relevés de leurs fonctions par décret présidentiel, suggérant un remaniement plus large de l’appareil sécuritaire.
Ce développement intervient alors que le Kirghizistan, pays montagneux d’environ sept millions d’habitants étroitement lié à la Russie, fait l’objet de critiques de la part de puissances occidentales. Celles-ci estiment que le pays est devenu l’un des principaux points de transit permettant à Moscou de contourner les sanctions imposées en raison de la guerre en Ukraine.
Le limogeage de Tashiev marque un tournant potentiel dans l’équilibre du pouvoir à Bichkek et pourrait signaler une volonté du président Japarov de consolider son autorité personnelle, tout en redéfinissant les priorités politiques et sécuritaires du pays.