Kilmar Abrego Garcia relâché de prison mais immédiatement transféré aux services d’immigration
Kilmar Abrego Garcia relâché de prison mais immédiatement transféré aux services d’immigration

Kilmar Abrego Garcia, un Salvadorien devenu symbole malgré lui du durcissement des politiques migratoires de l’administration Trump, devait être libéré mercredi d’une prison du Tennessee, avant d’être immédiatement placé en détention par les services américains de l’immigration.

Abrego Garcia, renvoyé par erreur en mars vers une prison notoire au Salvador, avait été ramené aux États-Unis le 7 juin. Il est depuis détenu dans le cadre de poursuites pour trafic d’êtres humains, accusations auxquelles il a plaidé non coupable le 13 juin. Ses avocats dénoncent un dossier monté de toutes pièces pour justifier la déportation illégale.

Dimanche, la juge fédérale Barbara Holmes a autorisé sa remise en liberté conditionnelle en attendant son procès, estimant que les procureurs n’avaient pas démontré qu’il représentait un risque pour la société ni qu’il pourrait prendre la fuite. La juge a toutefois souligné le caractère presque « théorique » de sa décision, les autorités migratoires ayant d’ores et déjà prévu d’arrêter Abrego Garcia dès sa sortie de prison.

L’affaire trouve son origine dans un contrôle routier survenu en 2022, lorsque Abrego Garcia conduisait une voiture contenant neuf passagers. Ce n’est qu’en avril 2025, soit deux ans plus tard et après sa déportation controversée, qu’un agent du ministère de la Sécurité intérieure a commencé à l’enquêter pour trafic.

Les procureurs fédéraux ont fait appel de la décision de libération, redoutant notamment qu’il ne soit expulsé avant la tenue de son procès. La juge Holmes a précisé qu’elle ne se placerait pas entre le ministère de la Justice et celui de la Sécurité intérieure : à eux de déterminer s’il doit être poursuivi ou renvoyé à l’étranger.

Marié à une citoyenne américaine, père de trois enfants, et résident du Maryland depuis plus d’une décennie, Kilmar Abrego Garcia ne peut pas légalement être expulsé vers le Salvador, un juge de l’immigration ayant reconnu qu’il y encourait des menaces crédibles de la part des gangs. Mais les autorités peuvent encore chercher à l’expulser vers un pays tiers, à condition que celui-ci s’engage à ne pas le remettre entre les mains salvadoriennes. Pour l’heure, son avenir reste incertain.

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