La justice italienne a condamné pour la première fois le ministère de l’Intérieur à indemniser un migrant transféré sans base légale vers le centre de rétention de Gjadër, en Albanie. Cette décision constitue un nouveau revers pour la politique migratoire du gouvernement de Giorgia Meloni, alors que les centres externalisés en Albanie restent pratiquement à l’arrêt après plusieurs blocages juridiques.
L’homme concerné, un Algérien de 50 ans installé en Italie depuis 19 ans, est père de deux enfants nés de son union avec une ressortissante italienne. Ne disposant pas de titre de séjour valide, il avait été placé en avril 2025 dans un centre de rétention du nord-est du pays, à proximité de son domicile familial.
Selon les éléments rapportés, il lui a ensuite été annoncé qu’il serait transféré vers un autre centre situé dans le sud de l’Italie, sans qu’aucune décision écrite et motivée ne lui soit notifiée. En réalité, il a été transféré, menotté, par la Marine militaire italienne vers le centre de Gjadër, en Albanie.
Parvenant à contacter son avocat, il a déposé une demande d’asile en Italie et introduit un recours contre son transfert. Le tribunal de Rome a ordonné sa remise en liberté et a jugé le transfert illégal.
Dans la foulée, la justice a condamné le ministère de l’Intérieur à verser une indemnisation de 700 euros au migrant pour transfert illicite. Cette décision, inédite, fragilise davantage le dispositif d’externalisation des centres de rétention voulu par le gouvernement, en attendant l’adoption d’un nouveau projet de loi durcissant les mesures anti-migrants et l’entrée en vigueur du Pacte européen sur l’asile et la migration prévue en juin 2026.