Israël lance une vaste offensive terrestre à Gaza après la mort de centaines de civils et l’impasse des négociations
Israël lance une vaste offensive terrestre à Gaza après la mort de centaines de civils et l’impasse des négociations

L’armée israélienne a intensifié dimanche son offensive militaire dans la bande de Gaza, en lançant des opérations terrestres à grande échelle dans le nord et le sud de l’enclave palestinienne. Cette nouvelle escalade survient après une série de frappes aériennes nocturnes qui ont tué au moins 130 personnes, selon les autorités sanitaires locales, portant à plus de 53 000 le nombre de morts depuis le début du conflit en octobre 2023.

Selon l’armée israélienne, l’opération baptisée « Chars de Gédéon » vise à établir un « contrôle opérationnel » sur certaines zones de Gaza. Au cours de la semaine écoulée, plus de 670 cibles du Hamas auraient été frappées, entraînant la mort de dizaines de combattants, selon les autorités israéliennes. Mais les bilans humains dressés par les services de santé de Gaza dressent un tableau bien plus sombre, évoquant la destruction de quartiers entiers et la mort de familles entières.

L’offensive intervient alors que les pourparlers indirects menés à Doha sous l’égide du Qatar entre Israël et le Hamas n’ont abouti à aucun progrès notable. Israël a réitéré ses exigences : l’exil des chefs du Hamas, la démilitarisation de Gaza et la libération des otages, sans garantie de cessez-le-feu immédiat. Des conditions que le Hamas refuse, exigeant un arrêt complet des hostilités, le retrait israélien, la levée du blocus et la libération des prisonniers palestiniens.

Dans la nuit, une frappe a touché un campement de tentes pour déplacés à Khan Younis, dans le sud de Gaza, faisant de nombreuses victimes parmi les femmes et les enfants. Les images diffusées montrent des tentes en flammes et des blessés transportés en urgence dans des hôpitaux débordés. Le ministère de la Santé de Gaza a par ailleurs indiqué que l’hôpital indonésien, l’un des derniers encore partiellement fonctionnels dans le nord, a cessé ses activités à la suite de tirs israéliens à proximité.

Le système de santé de Gaza est au bord de l’effondrement. Les coupures de carburant, imposées par le blocus israélien, menacent d’immobiliser totalement les ambulances dans les 72 heures. À l’hôpital Shifa, le plus grand de l’enclave, des dizaines de corps ont été amenés au cours de la nuit, et des appels urgents au don de sang ont été lancés.

Sur le plan diplomatique, les rumeurs sur la mort de Mohammed Sinwar, haut dirigeant du Hamas, n’ont pas été confirmées, mais pourraient compliquer davantage les pourparlers à Doha. Dans un contexte de méfiance mutuelle et d’exigences irréconciliables, la perspective d’un cessez-le-feu durable semble s’éloigner.

Pendant ce temps, en Israël, la pression monte sur le gouvernement. Einav Zangauker, mère d’un otage encore détenu, a accusé Benjamin Netanyahou de privilégier ses intérêts politiques au détriment de la vie des captifs. « Ramenez-nous nos enfants ! », a-t-elle supplié dans un message vidéo largement relayé sur les réseaux sociaux.

Alors que l’opération terrestre s’amplifie, les appels internationaux à une trêve restent sans réponse. Sur le terrain, les civils paient un tribut toujours plus lourd, dans une guerre qui, malgré les négociations, ne montre aucun signe de répit.

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