La militante iranienne des droits humains Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023, a été condamnée à une nouvelle peine de prison de sept ans et demi, selon une organisation qui lui apporte son soutien. Cette décision judiciaire aggrave encore la situation de l’opposante, déjà emprisonnée à de multiples reprises au cours de ses trois décennies de combat pour les droits des femmes et les libertés fondamentales en Iran.
Âgée de 53 ans, Narges Mohammadi a informé son avocat, Mostafa Nili, de cette condamnation lors d’un appel téléphonique passé dimanche depuis sa prison, a indiqué la Fondation Narges dans un communiqué. Le jugement aurait été prononcé la veille, alors même que l’état de santé de la militante suscite de vives inquiétudes parmi ses proches et ses soutiens.
Cette annonce est intervenue à l’issue d’une grève de la faim d’une semaine, entamée par Narges Mohammadi pour protester contre ses conditions de détention et contre la répression persistante visant les militants politiques et civils en Iran. La Fondation a précisé que cette grève avait pris fin dimanche, sans donner de détails supplémentaires sur son état de santé.
Figure emblématique de la contestation iranienne, Narges Mohammadi a été récompensée par le prix Nobel de la paix pour son combat contre l’oppression des femmes et son engagement en faveur des droits humains. Elle purge déjà plusieurs peines cumulées, liées notamment à des accusations de propagande contre l’État et d’atteinte à la sécurité nationale, des chefs d’inculpation fréquemment utilisés contre les dissidents.
Les autorités iraniennes n’ont pas réagi publiquement à cette nouvelle condamnation. Les défenseurs des droits humains dénoncent pour leur part une tentative de faire taire l’une des voix les plus connues de l’opposition civile, malgré la reconnaissance internationale dont elle bénéficie depuis l’attribution du Nobel.
Cette nouvelle peine intervient dans un contexte de répression accrue en Iran, où les militants, journalistes et opposants politiques continuent de faire face à des arrestations et à de lourdes condamnations. Pour les organisations internationales, le cas de Narges Mohammadi illustre la persistance d’un climat de répression judiciaire, en dépit des appels répétés à la libération des prisonniers d’opinion.