L’administration Trump a annoncé vendredi une réorganisation significative du statut des militaires participant à la mission fédérale de soutien à la politique d’immigration. Le Pentagone a précisé que quelque 1 700 soldats, désormais placés sous le commandement direct des gouverneurs des États, prêteront main-forte aux autorités en matière d’application des lois migratoires.
Selon Sean Parnell, porte-parole du Pentagone, cette évolution implique un changement de statut juridique pour 1 200 militaires déjà déployés : ils passent du « titre 10 » – qui relève du commandement fédéral – au « titre 32 », un dispositif qui place les forces sous l’autorité des gouverneurs, tout en maintenant leur financement par le gouvernement fédéral. En parallèle, 500 nouveaux militaires sont autorisés à rejoindre l’opération, dans ce que Washington présente comme un renforcement de la coordination locale et une réponse à l’afflux migratoire persistant.
Le recours au « titre 32 » est souvent utilisé pour des missions de sécurité intérieure, notamment lors de catastrophes naturelles ou de crises nationales, mais son application à des fins migratoires reste controversée. Cette mesure permet aux États de disposer d’un contrôle accru sur les forces présentes sur leur territoire, tout en soulageant leur budget. Elle offre aussi davantage de flexibilité politique dans un domaine hautement sensible.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un durcissement général de la politique migratoire de l’administration Trump, qui fait de la sécurisation des frontières un pilier central de son second mandat. Ce redéploiement militaire survient alors que le débat sur l’immigration continue de diviser profondément les États-Unis, entre appels à la fermeté et préoccupations croissantes sur les droits humains et les ressources mobilisées.
L’utilisation accrue de militaires dans des rôles liés à l’immigration – bien que ces derniers ne soient pas autorisés à procéder eux-mêmes à des arrestations – soulève des critiques parmi les défenseurs des libertés civiles, qui y voient un glissement dangereux vers une militarisation des fonctions policières.
Le Pentagone n’a pas précisé combien de temps ce dispositif resterait en place, ni quels États accueilleront les renforts, mais cette manœuvre pourrait préfigurer une intensification de la pression fédérale sur les gouverneurs réticents à soutenir la politique migratoire du président.