Face à la montée en puissance du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, le gouvernement travailliste britannique de Keir Starmer a présenté ce lundi un plan jugé « radical » pour réduire l’immigration. La feuille de route, rendue publique lors d’une conférence de presse à Londres, durcit l’ensemble des dispositifs d’entrée et de séjour sur le sol britannique : visas de travail, titres de résidence, regroupement familial, étudiants, tout est passé au crible.
Le Premier ministre promet « une rupture nette avec le passé » et un système « contrôlé, sélectif et juste ». L’immigration nette, qui s’élevait à 728 000 personnes entre juin 2023 et juin 2024, doit être fortement réduite. Parmi les principales mesures : il faudra désormais dix ans de présence au Royaume-Uni pour prétendre à une résidence permanente, sauf pour certaines professions jugées stratégiques comme les médecins ou les ingénieurs. Le gouvernement veut également restreindre les visas familiaux en exigeant un bon niveau d’anglais des accompagnants, et réduire de 50 000 le nombre de visas de travail pour les profils peu qualifiés.
Visa de travail durci, expulsion facilitée, nationalités ciblées
Pour obtenir un visa de travailleur qualifié, il faudra désormais justifier d’un diplôme équivalent à une licence. Les entreprises devront investir dans la formation des Britanniques avant de recruter à l’étranger. Les secteurs comme l’aide à domicile, jusqu’ici très dépendants de la main-d’œuvre étrangère, ne pourront plus embaucher directement à l’international.
Autre volet sensible : les ressortissants du Pakistan, du Nigeria et du Sri Lanka — jugés « à risque » en matière de demandes d’asile — verront leurs demandes de visa encadrées plus strictement. Enfin, le gouvernement prévoit de faciliter l’expulsion des étrangers condamnés, y compris pour des peines inférieures à un an, alors qu’actuellement seules les peines supérieures à cette durée entraînent une expulsion automatique.
Ce plan est aussi une réponse à la pression croissante liée aux traversées illégales de la Manche : plus de 11 000 migrants ont déjà tenté la traversée cette année. Sous la pression de son opinion et d’un paysage politique de plus en plus polarisé, Keir Starmer joue une partie délicate : apparaître ferme sans trahir les valeurs de sa majorité.