IA militaire - Washington et Pékin refusent de s’engager dans une déclaration internationale commune (AP)
IA militaire - Washington et Pékin refusent de s’engager dans une déclaration internationale commune (AP)

Les États-Unis et la Chine ont refusé de signer une déclaration commune sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine militaire, à l’issue d’un sommet international organisé cette semaine en Espagne. Cette décision souligne les profondes divisions qui persistent entre les grandes puissances sur la manière d’encadrer le recours à ces technologies émergentes dans les conflits armés.

La rencontre, accueillie à La Corona, portait sur l’usage responsable de l’IA dans les affaires militaires et visait à définir des principes communs pour son déploiement. Sur plus de 80 pays invités, seuls 35 ont finalement apposé leur signature au bas de la déclaration, selon des participants, illustrant les difficultés à parvenir à un consensus international.

Les deux principales puissances militaires mondiales, les États-Unis et la Chine, ont choisi de se retirer du texte final. Leur absence a fortement réduit la portée politique du document, alors même que ces deux pays figurent parmi les acteurs les plus avancés dans le développement et l’intégration de l’IA à des fins de défense.

Des diplomates présents au sommet ont expliqué que les tensions actuelles entre Washington et plusieurs pays européens, ainsi que la rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine, ont contribué à rendre de nombreuses délégations réticentes à s’engager. Certains États craignaient qu’un cadre trop contraignant ne limite leur liberté d’action ou ne les désavantage face à des rivaux non signataires.

La déclaration commune visait notamment à promouvoir la transparence, le contrôle humain et la responsabilité dans l’utilisation de systèmes d’armes intégrant l’intelligence artificielle. Ses partisans estiment qu’elle constitue une première étape vers l’établissement de normes internationales, même en l’absence d’un large soutien des grandes puissances.

Toutefois, le refus de Washington et de Pékin met en évidence l’ampleur des obstacles à une gouvernance mondiale de l’IA militaire. Alors que ces technologies progressent rapidement et sont de plus en plus intégrées aux capacités de défense, l’absence de règles partagées alimente les inquiétudes quant à une nouvelle course aux armements technologiques et à une instabilité accrue sur le plan international.

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