Alors que la guerre à Gaza entre dans son vingtième mois, les négociations pour une trêve connaissent un nouveau revers. Le Hamas a demandé des amendements à la dernière proposition de cessez-le-feu soutenue par les États-Unis, ce que l’envoyé américain Steve Witkoff a immédiatement qualifié d’« inacceptable ». Cette crispation survient dans un contexte de famine croissante à Gaza et de pression intense des familles d’otages toujours détenus.
Un haut responsable du Hamas, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué à l’Associated Press que les amendements portaient sur les garanties américaines, le calendrier de libération des otages, la livraison de l’aide humanitaire et le retrait des forces israéliennes. Sans fournir de détails précis, le Hamas a publié un communiqué réaffirmant sa volonté d’un cessez-le-feu permanent, d’un retrait israélien complet de Gaza et d’un flux humanitaire garanti.
Selon le Hamas, la proposition actuelle prévoit la libération de dix otages vivants et la restitution des corps de dix-huit autres, en échange d’un nombre convenu de prisonniers palestiniens. Israël estime à 58 le nombre d’otages toujours détenus, dont 35 seraient morts. De son côté, Witkoff a évoqué sur les réseaux sociaux une trêve de 60 jours avec libération de la moitié des otages encore en vie et de la moitié des corps, appelant le Hamas à accepter cette base pour des discussions à venir.
Les autorités israéliennes ont validé cette trêve temporaire, et le président Donald Trump a déclaré qu’un accord était proche. Mais le Hamas, par la voix de son responsable Bassem Naim, accuse Israël de remettre en cause des éléments déjà validés et dénonce un processus de médiation biaisé.
Pendant ce temps, la situation humanitaire empire à Gaza. Des civils désespérés ont intercepté et vidé 77 camions du Programme alimentaire mondial, contenant principalement de la farine, avant qu’ils n’atteignent leur destination. Un témoin à Khan Younès a confirmé à l’AP que des milliers de personnes avaient bloqué un convoi onusien et saisi la marchandise. L’ONU, tout comme les ONG humanitaires, alerte sur une famine imminente, aggravée par le blocus israélien quasi total de ces trois derniers mois.
Face à l’insécurité, les Nations Unies sont contraintes d’utiliser des routes non sécurisées, souvent contrôlées par des gangs armés. Le GHF (Gaza Humanitarian Foundation), une nouvelle organisation soutenue par Israël et les États-Unis, a débuté ses distributions, utilisant des prestataires armés, suscitant des critiques sur la « militarisation de l’aide ».
Enfin, l’armée israélienne a poursuivi ses opérations, frappant des dizaines de cibles. Au moins 60 personnes ont été tuées en 24 heures, selon le ministère de la Santé de Gaza. Des familles entières ont péri dans des bombardements sur Rafah, Gaza-Ville et Khan Younès. Les projectiles tirés depuis Gaza ont, selon Tsahal, atterri dans des zones non habitées.
Depuis le début du conflit, déclenché par l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre 2023, qui avait fait environ 1 200 morts et 250 otages côté israélien, les représailles de l’armée israélienne auraient causé la mort de plus de 54 000 Gazaouis, en majorité femmes et enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza. Les proches des otages, de plus en plus inquiets, ont de nouveau exhorté à un accord global immédiat, redoutant que leurs proches ne survivent pas à la poursuite des combats.