Israël a restitué 15 corps de Palestiniens tués pendant la guerre à Gaza, trois jours après avoir récupéré les restes du dernier otage israélien, dans un geste que les médiateurs espèrent voir faciliter l’entrée dans la phase suivante de l’accord de cessez-le-feu. Cette étape s’inscrit dans le cadre du plan de paix porté par le président américain Donald Trump.
La restitution intervient après la récupération de la dépouille de Ron Gvili, un policier israélien enlevé lors de l’attaque transfrontalière du 7 octobre 2023 menée par des militants du Hamas, attaque qui avait déclenché la guerre. Au moment de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre, 48 otages restaient à Gaza, dont 28 présumés morts. La libération de tous les otages, vivants ou morts, constituait un engagement central de la première phase de la trêve.
Dans un communiqué, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué avoir facilité le retour à Gaza des 15 dépouilles palestiniennes, précisant que cette opération mettait fin à des mois d’efforts visant à réunir des familles et à soutenir la mise en œuvre de l’accord. Depuis octobre, le CICR a notamment contribué à la libération de 20 otages vivants et à la restitution des corps de 27 des 28 otages décédés, ainsi que de 360 Palestiniens.
Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, a confirmé la réception des corps et indiqué que des procédures d’identification allaient être engagées. Les autorités sanitaires ont précisé que seuls 99 des corps palestiniens remis depuis octobre ont pu être identifiés, les autres ayant été enterrés dans des fosses communes faute d’éléments suffisants.
Malgré ces avancées, le cessez-le-feu demeure fragile. Des sources médicales ont fait état de la mort de plusieurs Palestiniens lors de tirs israéliens à Khan Younis et dans le camp de Maghazi. L’armée israélienne a affirmé avoir mené des frappes « précises » et conformes à l’accord, visant des militants qui planifiaient des attaques, tout en assurant avoir pris des mesures pour limiter les dommages aux civils.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 490 personnes ont été tuées depuis l’entrée en vigueur de la trêve en octobre, après deux années de conflit qui ont largement dévasté l’enclave palestinienne. Israël a, de son côté, annoncé la mort de quatre soldats pendant la période de cessez-le-feu, tandis que les deux camps s’accusent mutuellement de violations.
À l’approche de la deuxième phase de l’accord, les médiateurs internationaux, notamment l’Égypte et le Qatar, avec l’appui des États-Unis, doivent s’attaquer à des dossiers plus sensibles, au premier rang desquels le désarmement du Hamas, que le mouvement rejette, et le déploiement envisagé d’une force internationale de maintien de la paix.